Campagne de Valperdu - Old Hag
Chapitre précédent
1359 :11 Marpenoth (suite)
Nos compères s’entendent pour suivre la piste septentrionale, misant sur le fait que le quatuor a dû se faire remettre l’artefact. Victor, pour sa part, reprend la route de Rauthauvir afin de faire la jonction avec le reste du groupe et, qui sait, obtenir des nouvelles de Serena.
Elquirel, malgré le peu de luminosité remonte aisément sur plusieurs lieux la trace au cœur des bois pour déboucher sur une clairière abritant une colline coiffée de ruines d’un antique manoir. La fumée d’un foyer s’en échappe. Gidéon intime alors à ses amis de garder le silence et, furtivement, part en reconnaissance. Non sans qu’Elquirel ne lui emboîte le pas afin de prévenir toute difficulté. Le roublard pénètre sans bruit dans l’enceinte et avise un groupe d’humains à la mine patibulaire qui cherche du réconfort autour d’un feu de camp. Un sac posé à proximité pulse d’une aura rougeâtre. Alors qu’il se rapproche, son amie elfe, à quelque distance, prend position arc bandé depuis un surplomb, prête à le couvrir si nécessaire. Il est indéniable à leur accent qu’il s’agit de nordiques, vraisemblablement de la mer de Lune. Celui qui semble les mener peste contre d’étranges rêves sanglants qui le tourmentent. Ils ne semblent avoir qu’une seule hâte, se débarrasser de leur colis. Mais il leur a été clairement spécifié de rester deux jours sur place avant de se mettre en route, capte le furtif roublard.
« Salutations nobles campeurs, votre ragoût dégage un doux fumet à mes narines ! ».
Quelque peu décontenancés, ne l’ayant ni vu, ni entendu approcher, le quatuor se reprend bien vite.
« Holà, intrépide voyageur nocturne, quel bon vent t’amène dans ces bois ? N’hésite pas à venir te réchauffer et à sortir ton écuelle, notre marmite est tienne, si tu le souhaites. » réplique leur chef tandis que les trois autres échangent entre eux des regards interrogatifs.
Leurs mains descendent lentement vers leurs fourreaux sans que le jeune homme ne fasse mine de s’en émouvoir.
« Voilà une invitation qui ne se refuse pas. » s’amuse le roublard en se rapprochant plus encore.
« Mais je ne me suis pas présenté. Mes excuses pour ce manque de convenance. Gidéon, pour vous servir. Et à qui ai-je l’honneur ? »
Sans attendre de réponse, le natif du Valplume enchaîne :
« Votre étrange campement alors même qu’un village se trouve à quelques lieux m’a surpris. Et je n’ai pu m’empêcher de m’interroger sur le contenu de ce sac. Qu’est-ce qui peut bien luire en son sein ? »
Comprenant que l’étranger est plus qu’un simple randonneur, à l’unisson les quatre compères dégainent, sous l’œil franchement goguenard de leur challenger.
Alors qu’ils bondissent sur leurs jambes, quelques mots arcaniques s’élèvent, un kaléidoscope de couleurs chatoyantes jaillit des mains du garçon et les quatre voleurs roulent au sol, parfaitement endormis
« Par tous les diables, ils sont encore plus pitoyables que je ne le pensais. Hey là-bas, Elquirel, le Vieux ramenez-vous et apportez de quoi ficeler proprement ces lascars. J’ai quelques questions à leur poser. »
Et bientôt un interrogatoire serré commence. Les quatre bandits ne mettent guère de temps à se mettre à table. Ils ont été recrutés par une riche inconnue sur Monteloy, leur cité d’origine. Celle-ci les a grassement payés pour une tâche apparemment facile : se rendre à un lieu de rendez-vous prêt de Hap, récupérer un colis de la part d’un homme grassouillet, se réfugier dans des ruines à l’ouest du village et attendre deux jours impérativement avant de reprendre la route de leur cité pour livrer leur lot. Ils n’ont aucune idée de l’identité de leur commanditaire, ni du contenu du sac. En revanche depuis qu’ils en sont entrés en possession, leur chef multiplie les mauvais rêves sanguinolents.
« Ca tombe bien on va vous en délester. Savez-vous que tout le village de Hap est sur les dents. Il s’agit de leur relique que vous avez dérobée. »
- Et une minute, jeune homme ! On n’a rien volé ! On a juste pris livraison du paquet.
- Et ben ça mes agneaux, faudra convaincre les villageois… » leur jette le nain, un rictus mauvais aux lèvres.
1359 : 12 Marpenoth
Ayant récolté tout ce que les convoyeurs semblent en capacité de leur apprendre, les héros les livrent aux autorités de Hap et restituent la relique sacrée. Dans le même mouvement, le reste du groupe les rallie. La communauté est aux anges et le prestige des jeunes au sommet. Les habitants parlent ouvertement d’un rapprochement politique avec Valperdu. Les avis des jeunes gens sont suivis. Ainsi les gredins sauvent-ils leur existence. Ils seront emprisonnés un mois puis relâchés au grand dam d’Ephron qui se délectait, par avance, d’une ‘bonne’ pendaison publique. Eloi, disculpé mais quelque peu disgracié, est envoyé prévenir Essembra que la situation est revenue à la normale grâce aux aventuriers.
En guise de récompense, un petit miracle. Kasdanthur a la joie de voir repousser sa barbe plus belle et drue que jamais grâce à la relique. Une fête improvisée est donnée en l’honneur des jeunes et du retour du Sang de Lathandre.
1359 : 13 Marpenoth
Après de chaleureux au revoir, le groupe descend sur Pont de Plumenoire , bien décidé à se pencher sur les disparitions récentes.
La troupe pose ses affaires à l’auberge du Marinier dont le fils de l’aubergiste, Nalin fait justement partie des disparus. Leur journée d’enquête leur permet d’apprendre que ce dernier, comme bon nombre de jeunes gens du cru, et notamment l’autre jeune homme manquant, fréquentait assidument un lieu de rencontre situé sur les berges de la rivière. Là se mêlent autochtones et jeunes sembiens en transit, notamment de jeunes danseuses envoyées travailler dans les bars et tavernes de la mer de Lune. De même, un dénommé Alvin leur apprend que la nuit de la disparition de Nalin, il avait approché une fille éplorée près du pont avant de prendre les jambes à son coup, effrayé par deux énormes silhouettes sombres à proximité.
Le passage dans la cité est également l’occasion de récupérer auprès de la caravane de Triaphe, de passage, une armure de plates et une composante de sort onéreux commandés respectivement par Nelson et Tuskan.
Après une collation en soirée, Tuskan, Georges et Elquirel se positionnent en faction près dudit pont, le mage servant délibérément d’appât en restant en son centre tandis ces deux complices s’embusquent afin de lui porter assistance au besoin. Une morne veille débute. Dans le même temps, Nelson et Gidéon arpentent les berges afin de localiser le lieu de rencontre de la jeunesse.
Il ne faut pas longtemps à ces derniers pour découvrir l’endroit. Un jeune joue du luth devant une fille à la peau hâlée tandis qu’un couple lutine un peu à l’écart. La méfiance initiale laisse vite la place à une franche camaraderie et la fête bat son plein. Les jeunes sont naturellement au courant des disparitions, mais l’ennui prend le pas sur leurs craintes et ils continuent à venir s’amuser régulièrement.
La nuit est déjà bien entamée et, petit à petit, les noceurs se dispersent et bientôt seuls nos deux héros et une jeune danseuse, Chiara, manifestement emmourachée de Nelson demeurent sur place. Soudain des traits de lumière s’agitent sur le cours d’eau et initient un étrange ballet. Des feux follets ? Tandis que Gidéon entraîne la danseuse effrayée à l’abri, le guerrier se campe fièrement sur la rive du fleuve. D’où émerge une magnifique beauté qui invite le courageux garçon à la rejoindre. La réponse verte de ce dernier clôt le dialogue. Alors qu’il fait tournoyer bien haut son fléau et l’invective tout son saoul, elle se contente de sourire et de pointer le doigt en direction de l’arrogant. Un rayon de lumière en jaillit et vient frapper le combattant au poitrail. Il ressent une faiblesse intense et hurle de douleur. Elle vient de lui ôter deux niveaux d’expérience !
Nelson, abasourdi, cherche à gagner du temps, histoire d’échafauder une stratégie, en multipliant les insultes, mais un second rayon aussi foudroyant que le premier, le décide à chercher le salut dans la fuite, un troisième trait lui serait assurément fatal. Fonçant comme si les diables des Enfers étaient à ses trousses, il rattrape Gidéon et Chiara.
C’est un trio hors d’haleine et encore sous le choc qui narre ses mésaventures au reste du groupe.
« Je vais pas rester comme ça, hein Tuskan ?
- Hm, deux possibilités, si je saisis bien ce que tu nous as rapporté. Soit il s’agit d’un sortilège et tout devrait rentrer dans l’ordre, soit il s’agissait d’un puissant mort-vivant et là , j’ai peur que seule la magie cléricale puisse quelque chose pour toi….
- On retourne lui régler son compte ?
- Du calme Gidéon, si elle marche et se déplace aussi facilement sur l’eau, le terrain est pour l’heure trop à son avantage. Attendons le lever du soleil et nous saurons comment procéder.
- Mais elle risque de s’enfuir !
- Elquirel a raison Gidéon, elle est en position de force et regarde l’état de Nelson, il ne sait presque plus lever son fléau. Allons le soigner à l’auberge. Chauntea saura nous guider aux premières lueurs de l’aube. »
1359 : 14 Marpenoth
Pour le grand soulagement de chacun, Nelson semble avoir récupéré ses capacités. Les héros, rejoints par le prêtre nain décident de retourner sur les lieux de l’attaque pour en apprendre le plus possible. Sur place, Elquirel ne tarde pas à comprendre que la créature a joué d’un rocher à fleur de rivière pour donner l’illusion de flotter sur l’eau. Elle ne peut guère en apprendre plus et le groupe décide de louer une barge pour remonter à contrecourant l’Ashaba afin de tenter de retrouver la dangereuse beauté fatale.
Après une bonne heure d’initiation à la rame et de lutte contre le fort courant, aucun doute pour Nelson, l’ultime élémentaire qu’il recherche se trouve à proximité. Continuant la progression, le guerrier est bientôt certain qu’il se trouve de l’autre côté de la paroi rocheuse qui flanque le cours d’eau. Sans plus attendre Tuskan lévite le long de la paroi et découvre, sur un promontoire, une anfractuosité permettant de s’enfoncer dans le granit. Il lance alors une corde à ses compères et les presse de venir le rejoindre. Chacun escalade comme il le peut hormis Elquirel qui semble saisie de vertige et finit tremblante l’ascension. Kasdanthur après une magistrale grimpée couve l’elfe d’un regard narquois.
La troupe s’enfonce dans le boyau et après une courte exploration découvre la retraite de l’élémentaire. Néanmoins des traces d’activité dans la zone suggèrent une autre présence. Faisant fi de l’avis de Nelson, et surtout de ses « amis intérieurs», le groupe décide de visiter la zone en premier lieu.
A l’opposé de l’élémentaire, un arbre étrange bloque le passage. Son allure ne présage rien de bon. Nelson, pressé d’en finir s’avance tout de go à sa rencontre et est accueilli par une volée de branches. L’arbre lui assène de multiples coups. Le guerrier épaulé par la magie et la puissance de ses collègues n’est pas en reste et bien vite la menace est écartée. Il semblait garder l’accès d’une grotte pleine de concrétions rocheuses au sol et au plafond. Tuskan envoie alors Pritruk en reconnaissance en le priant de rester prudent. Au comble de l’excitation, le serpent ailé s’envole à tire d’aile et via des cercles de plus en plus large adresse à son ami une vision des alentours. La large grotte laisse place à une autre ouverture du sourd de la lumière. Alors que le dragonnet s’en approche, ses premiers regards provoquent chez la sensible créature un torrent de pensées néfastes.
« Tuskan, une horrible vieille femme entourée de deux espèces de trolls maléfiques torture deux prisonniers. Elle récupère leurs larmes ! Elle ordonne à ses bêtes d’aller voir ce qui se trame dans la grotte. Faites attention ! -Tu en as assez vu, reviens vite te mettre à l’abri. On les attend de pied ferme. Je passe le mot aux copains. Bien joué petit futé ! Les gars, on va avoir de la visite. Des trolls ou quelque chose du genre et une sorcière. Kasdanthur rapproche toi que je te rende plus fort
- Et toi Nelson ça te dirait de rivaliser en taille avec une ogre ?
- Et comment, Gidéon ! »
Chacun se prépare au mieux et très vite les deux créatures cauchemardesques font irruption dans l’angle de vue des jeunes héros
« Trolls d’eau je pense ! Dégagez le passage une boule de feu va leur donner à réfléchir ! »
Injonction peine perdue, ralliant leurs dieux à leur cause, Nelson, Kasdanthur et Gidéon foncent déjà tête baissée pour croiser le fer. Haussant les épaules le jeune mage rengaine le morceau de souffre qu’il avait extrait de sa ceinture.
Les coups sourds pleuvent, grognements bestiaux et cris envahissent les lieux. Alors que le combat est à son paroxysme, une douce lueur apaisante illumine la zone et une magnifique jeune fille à la chevelure blonde comme les blés s’approche le sourire aux lèvres.
« Mon beau chevalier servant, je te retrouve !
- C’est la fille de l’Ashaba ! » s’époumone Nelson.
« Gare à ses sorts
- Ta jolie blonde est une sorcière, pas de quartier » hurle Georges
« Tu as raison maudit prêtre d’une divinité pitoyable, vous avez entendu mes mignons pas de quartier ! »
Et, le temps d’un battement de cil, la femme fatale se métamorphose en une caricature de vieille femme acariâtre. Arguant un funeste sourire, elle pointe doucement l’index en direction de Nelson. Un rayon magique d’un noir funeste file en direction de Nelson.
Ce dernier évite un sortilège tout en abattant un des trolls, la sorcière fait face en retour à un déluge de sorts et de flèches. Bientôt le second troll s’effrondre avec fracas au sol et la sorcière déjà bien blessée comprend que sa dernière heure est arrivée, malgré les terribles blessures que ses griffes acérées comme des rasoirs infligent aux combattants.
« Bandes de gamins idiots, je vous maud….. »
La phrase reste en suspens tandis que le marteau du nain s’écrase sur le vicieux visage.
Les jeunes reprennent leur respiration au plus vite et foncent porter secours aux prisonniers. Il s’agit bien des Valiens disparus. Les sévices infligés sont terribles à constater. Et malheureusement le détenu le plus ancien semble avoir perdu l’usage de ses jambes et son esprit.
1359 : 14-18 Marpenoth
Le groupe les soigne au mieux. Puis tandis qu’une partie d’entre eux rentre sur Pont de Plumenoire ramener les victimes à leur proches, Nelson enclenche la dernière étape de sa fusion.
La soirée du 18, le groupe au complet est célébré dans la cité. Nelson leur apparaît quelque peu distant.
1359 : 19 Marpenoth (soirée)
Revenus dans leur village, les jeunes narrent leurs exploits sous les vivats des villageois. Si le nain a décidé de rallier sa mine dès le lendemain pour poursuivre son exploration, les autres annoncent prendre leurs quartiers d’hiver pour le plus grand bonheur de leurs proches.





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