La cascade d'Istishia
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samedi 18 juillet 2026
Campagne de Valperdu - les profondeurs
samedi 25 avril 2026
Campagne de Valperdu - Misty Mountains
Campagne de Valperdu - Misty Mountains
Chapitre précédent
1359 : Marpenoth 20 - Uktar 14
Durant ce mois calme, chacun en profite pour vaquer à ses propres occupations.
- Nelson reprend la route du Valbataille en compagnie de Triaphe. Il récupère l’armure qu’il avait commandé sur Essembra et sur laquelle il a fait graver quatre symboles élémentaires. Puis rend visite aux moines-combattants de l’abbaye de l’Epée. A leur contact, il apprend notamment que les sous-sols de l’édifice dédié au Père des batailles abritent des portails qui parfois relâchent leur lot de créatures…. Le guerrier, ayant réuni les quatre frères élémentaires, doit aujourd’hui composer avec une terrible affliction : un simple toucher de sa part et son interlocuteur subit de terribles et mortelles douleurs. Tout contact lui est désormais prohibé…
- Elquirel est remontée au nord dans l’épaisse forêt jusqu’à la communauté d’Arbres mêlés. Les Elfes et demi-elfes sur place l’ont informée avoir été la cible d’une attaque par un Sorcier rouge et son escorte. Leur description laisse peu de doute. Il devait s’agira du mage croisé plus tôt à Essembra chez le seigneur Ilmeth et qui se renseignait sur la cité de Faerolin dont la réputation de la bibliothèque perdue n’est plus à faire. Quant à ses véritables objectifs, mystère…
- Gidéon pour sa part, a visité Triaphe fraîchement installé à Essembra au sud de la cité, puis s’est successivement rendu à Hap et Pont de Plumenoire pour y acquérir respectivement l’Auberge du Couchant et l’Auberge « le Marinier ». Les personnels actuels en demeurent les gérants, mais doivent utiliser les services caravaniers de Triaphe et reverser un pourcentage des revenus de l’établissement annuellement. Le jeune ambitieux souhaite agrandir l’Auberge du Dragon écarlate et instaurer un monopole commercial à terme. Il profite également de ce moment de relâchement pour acquérir de nouveaux sortilèges.
- Tuskan et Georges se sont eux dirigés vers le Valbalafre, après que Tuskan ait bouclé les préparatifs du mariage et que le jeune prêtre et son mentor Malak aient étudié de près et veillé au bien-être du troupeau de rothés. Le motif officiel du déplacement est de déposer les invitations pour le mariage aux différents convives notamment Horgon implanté dans l’ancienne cité occupée de Lashan. En réalité, Tuskan souhaite informer le Ménestrel que la liche néthérisse est en capacité de sortir de sa grotte. Le tout à l'insu de Nelson, connecté à la liche sans que le groupe n’en sache le degré exact, ne soit informé…. Le voyage est riche en enseignement : Bac de Charpentier et son cercle mégalithique de pièces d’échec magiques, Chute de Plume, sa cascade, ses grottes, sa tour mystique et ses anciens temples et enfin le val de Valbalafre occupé par les forces combinées de Sembie, Château-Zhentil, Cormyr, Montéloy et Vaux, sans oublier la découverte de l’immensité marine. Arrivés à destination, ils rapportent les derniers évènements relatifs à la liche et Nelson à leur ami et après avoir étudié ensemble des différentes possibilités, actent de rester vigilants mais de ne pas précipiter les choses, la liche n’ayant, jusqu’ici, fait montre d’aucune malveillance. Les deux garçons repartent ébranlés de la mise en coupe réglée du val par les différents occupants et notamment les intrigues à peine dissimulées des forces sembiennes et zhentiles …
- Kasdanthur a regagné la mine de ses ancêtres et s’est mis au travail. Il a relancé la forge. Aidé par la magie de son dieu, il a déblayé l’escalier condamné qui descend vers les niveaux inférieurs. Il a pu en commencer l’exploration et découvrir des passages secrets. Mais il a également compris que les niveaux inférieurs du complexe abritent aujourd’hui différents monstres. Fort de cette information, il regagne le village pour mander du soutien à ses amis …
1359 : 15 Uktar
Profitant de la venue des nains du clan Etoile de fer, Kasdanthur leur demande de revenir le mois prochain accompagné de leur chef car il aura des révélations importantes sur le clan à lui faire. Le groupe prépare ensuite ses bagages, prend congé de ses proches et se prépare à rallier l’antique mine naine.
1359 : 16 Uktar
Après une route sans encombre, les jeunes attachent leurs montures dans les ruines du comptoir marchand à proximité des portes. L’occasion pour Nelson de dialoguer dans leur idiome avec les élémentaires de terre qui gardent l’édifice.
A l’intérieur, la forge remise en route distille alentours une chaleur agréable. En revanche l’obscurité est plus prononcée que lors de leur précédente visite. En effet le lichen fluorescent qui diffusait sa douce clarté semble ne pas supporter la chaleur ambiante et se meurt. Chacun s’arme et les aventuriers se risquent dans le passage nouvellement libéré. Des portes dissimulées ont permis de laisser une première partie du complexe inviolée jusqu’à leur découverte par le prêtre-guerrier. En revanche les autres salles ont toutes été saccagées et pillées.
« Mazette, cet endroit devait être majestueux autrefois.
- Tu as raison, Victor, il s’agit de la salle du trône de mes aïeuls.
- Fichtre, quelle odeur le vieux. Sans offense, ils ont dû pourrir ici les ancêtres.
- Espèce d’idiot, tu ne reconnais pas l’odeur de l’orque quand tu le sens.
- Oui et certaines traces sont récentes.
- Super, Elquirel, et ma main à couper que les énormes bottes là sur la droite en font partie
- Petit futé, tu viens de sauver ta main cailleuse.
- La paix, vous tous. Continuez à parler aussi fort et on ne perdra peut-être pas qu’une main dans l’histoire… Mais où est Gidéon ?
- Parti invisible en reconnaissance il y a quelques instants. Tu t’inquiètes Tuskan ?
- Je ne sais pas lequel est le plus écervelé, Nelson. Toi ou lui. Il pouvait se faire escorter de Victor, mais non ! C’est quoi ce bruit ?
- Ça, c’est l’écervelé qui revient vous prévenir que trois géants à un œil sont en train de rappliquer ici. » chuchote une voix sarcastique surgit de nulle part.
« Ah oui ! Et au bout du couloir, un serpent à tête vaguement humaine semble diriger cette charmante troupe. Bon vous voilà prévenus, moi je file m’embusquer.
- Des géants, on va bien s’amuser ! Dumathoïn aide moi à rendre ce lieu à tes fils. »
A peine le temps de se mettre en position que, tels que décrits par Gidéon, trois créatures de près de deux mètres cinquante accompagnées d’un naga font irruption dans la salle du trône. Suivant les ordres de l’homme-serpent, deux d’entre eux se lancent dans la mêlée et le dernier remonte le couloir à toutes jambes. L’un d’eux est promptement stoppé par la lame de Gideon qui se rematérialise ainsi que son porteur. Le choc initial est violent. Mais alors que Nelson et Kasdanthur foncent droit vers le naga, l’humain stoppe net, avant de tourner les talons et de s’enfuir en hurlant.
Profitant de la confusion qui s’ensuit, le naga s’échappe tandis que le destin des cyclopéens est vite scellé. Le calme pesant qui suit la rixe est mis à contribution pour se soigner et rejoindre un Nelson encore tremblant qui peine à retrouver son calme.
« Récupère bien gamin, les renforts ne devraient pas tarder. L’ennemi va profiter de sa connaissance du terrain ainsi que de multiples portes que contient la salle du trône pour tenter de nous submerger
- Ça va le faire le vieux, laisse-moi juste un instant.
- Tas de mollassons, tâcher de vous disposer de façon à bien surveiller les différents accès. Les dieux nains m’entendent, il va y avoir des têtes à raccourcir. »
Bientôt des nuées de glapissements rauques s’élèvent. Une multitude d’orques encadrés par le naga et un cyclopéen jaillissent dans l’espace royal. Les coups pleuvent. Le naga, à distance, tente de créer une brèche, à l’aide d’un éclair, mais un sort de silence lui coupe toute capacité de lancement futur de sort. Et il ne peut que s’en remettre à ses dieux serpentins lorsqu’un Kasdanthur aux yeux brillants de l’excitation du combat, lève sur lui ses marteaux de guerre.
Privés rapidement de leader, les ennemis, malgré le surnombres sont incapables de proposer une résistance ordonnée et les rares survivants décampent bientôt sans demander leur reste. Le groupe reprend alors l’exploration de la zone. Les lieux sont cartographiés par le nain, notamment un complexe minier important où le groupe se heurte et défait un monstrueux formorian. Puis les amis sont la cible d’une embuscade menée par une créature semblant sortir de la roche elle-même et dont le regard va complètement chambouler Nelson qui l’ombre des roches achevée lève son fléau sur ses camarades. Ses compères le bombardent de sort d’immobilisation afin de le stopper le temps que les effets délétères se dissipent…
La tempête passée, usant de sa magie pour franchir des zones très difficiles d’accès, Tuskan répertorie un conséquent filon de mithril ! Alors que l’exploration touche à sa fin, depuis une tourelle de la forteresse, les jeunes observent dans une immense caverne, un important troupeau de rothés qui paisse au loin.
« Cette caverne doit être connectée au Tréfonds obscurs, il n’y a pas de doute.
- C’est certainement depuis ce lieu que les créatures ont su investir la citadelle. Vous avez vu l’état du pont-levis ? On dirait qu’il est passé à la moulinette. Tuskan, une théorie fumeuse ? Lâche la longue-vue de Georges un instant ! Ben, tu ne dis rien ? Tu en fais une drôle de tête.
- Vous avez vu ? » glapit difficilement le mage
« Et qu’est-ce qu’on est censé avoir vu ?
- Là-bas au fond de la grotte. Côté nord. Il y avait un dragon d’une sombre noirceur ! Il a choppé deux rothés en vol et les a engloutis. Puis il s’est posé tout près de la petite ouverture là-bas, s’est changé en elfe noire et s’y est engouffré !
-Tu bois trop camarade ! » rit un peu faussement Victor.
- Et il n’y avait pas le vieil Anthar juché sur la tour de Chalandromachin en train de voler, par hasard ? »
- La ferme Gidéon. J’ai vu ce que j’ai vu. Kasdanthur ta mine ne sera pas viable tant qu’un dragon cupide rodera à proximité…
- Je sais gamin. Et si on allait y jeter un œil ? »
dimanche 19 avril 2026
Campagne de Valperdu - Old Hag
Campagne de Valperdu - Old Hag
Chapitre précédent
1359 :11 Marpenoth (suite)
vendredi 30 janvier 2026
Campagne de Valperdu - la demeure Hyshannth II
Campagne de Valperdu - la demeure Hyshannth II
Chapitre précédent
1359 : 22 Eleinte
samedi 3 janvier 2026
Campagne de Valperdu - la demeure Hyshannth
Campagne de Valperdu - la demeure Hyshannth
Chapitre précédent
1359 : 16 Eleinte (soirée)
« Eh l’illusionniste, où emmènes-tu ma petite Emmy de si bon matin ? » aboie la mère Charron sans cesser de traire la vache plantée telle une statue au milieu de la cour de ferme.
« Madame, les pâtres rencontrés hier soir m’ont averti que le troupeau de rothé n’est pas au mieux et je souhaitais les inspecter avant l’arrivée de la troupe naine en fin de matinée. Je me suis dit qu’Emmy serait ravie de m’y accompagner. » se justifie le jeune Tuskan, qui sent ses joues s’empourprer sans oser lever les yeux du sol en direction de la marâtre.
- C’est bien ce que je pensais, une occasion de se la couler douce, une de plus, entre je ne sais quelle aventure ‘palpitante’ et un verre à l’auberge. En tout cas, hors de question que ma fille chevauche sur le même canasson que toi. Qu’en penseraient les villageois ! Cours sceller la carne inutile que tu lui as offert !
- Mais Madame, c’est un cheval de prix ! Et quant à monter la même bête, Emmy et moi serons bientôt unis par les liens de Chauntea, qu’est-ce que les autres pourraient y trouver à redire ? » ose le jeune tout en filant vers l’étable apprêter la jument.
Avisant Emmy qui apparaît sur le pas de porte de la longère, il lui lance un discret baiser de la main
- Vous serez BIENTÔT mariés. Tu as tout dit ! En attendant vous vous conduirez comme des enfants respectables ! Et ce cheval, c’est un dandy inutile. Impossible à faire travailler dans un champ. Sa majesté risquerait de se blesser…»
Après s’être éloignés de la ferme, Tuskan, qui a relevé la tête, glisse à sa belle :
« Et elle alors, j’imagine qu’elle ne partage pas sa chambre avec le père de Nelson, hein ! Faut éviter tout qu'en-dira-t-on, n’est-ce pas !
- Boudeur, va ! Et pour ta gouverne, je t’informe que chacun à sa chambre ! Et s’y dirige, après quelque conciliabule secret dans la chambre maternelle dont eux seuls connaissent la teneur ! » émet la fraîche Emmy entre deux explosions de rire.
- Allez, prends-moi la main et embrasse-moi. Tu sais, elle t’apprécie beaucoup. La jeune cavalière se débarrasse alors de son austère chignon et offre ses cheveux au vent qui balaie le Valpume.
- Misère qu’est-ce que ça serait, si je lui déplaisais ! » ironise un Tuskan le sourire malicieux aux lèvres.
- J’ai bien cru qu’elle allait te lancer le pot de lait au visage. Ça aurait été un gâchis » s’immisce une voix dans son esprit
- Pritürk, petit chenapan, cesse de divaguer depuis ton perchoir, et STP détourne le regard quelques instants
- Ohh, juste quand ça devenait intéressant….
Revenu en fin de matinée à l’auberge, Tuskan exprime ses craintes à ses amis. Le troupeau dépérit. Dans un mois, faute de soins adéquats, les pertes risquent d’être sévères. Le constat est simple, si la luminosité de la surface doit jouer, l’effet le plus délétère semble le changement alimentaire. Après un long temps d’échange, le groupe se propose de surseoir au problème. Sa priorité, pour l’heure, est d’accompagner leur amie elfe dans l’exploration du tombeau de ses ancêtres. Néanmoins devant la mine inquiète du mage, Nelson et Georges promettent de trouver une solution au retour.
Alors que le soleil est à son zénith, une escouade de cinq nains se présente à la barrière du village. Ils apportent, comme convenu, une magnifique armure de plates finement ciselée pour Kasdanthur qui ne pouvait rêver plus belle parure. Devant ce chef d’œuvre, Nelson leur demande s’il leur serait possible de lui fabriquer une armure de plaques en mithral. Les nains acquiescent tout en précisant qu’il lui faudrait leur livrer le double du poids de l’armure en matière première. Une véritable fortune ! Bien évidemment cette perspective n’émeut en rien le guerrier qui leur répond qu’il se mettra en chasse pour leur trouver les éléments, tout en coulant un regard plein d’espoir vers Kasdanthur. Ce dernier en aparté ne peut que réfréner quelque peu ses ardeurs. Sa grotte est réputée fournir des gemmes et du minerai. Mais aucune trace de mithral n’a jamais été répertoriée.
« Je trouverai une solution, ou je ne m’appelle plus Nelson, le Vieux ! »
Puis plus haut : « allez amis nains, allons siroter une ou deux bières à la cannelle devant un faisan farci bien doré. J’offre la première tournée. »
Et sous les vivats, jeunesse et nains pâles emboîtent le pas du colosse et prennent la direction de la terrasse ombragée du Dragon écarlate. L’après-midi est déjà bien entamée tandis disparaissent à l’horizon le groupe de nains et son convoi de rothés. Retour programmé d’ici deux mois. Le groupe tâche alors d’en apprendre le maximum sur la zone qu’il explorera dans les prochaines heures. Puis chacun vaque à ses préparatifs. Nelson aide Elquirel à récupérer les restes mortels de sa mère tandis que Victor et Georges préparent un brancard pour leur transport.
1359 : 17 Eleinte
La troupe montée prend la route de Hap. Equirel a estimé le voyage à quatre jours. La soirée sur Hap permet d’échanger les rumeurs et de prendre des nouvelles de leurs amis sur place.
1359 : 18 & 19 Eleinte
Les cavaliers remontent sans difficulté vers Essembra. Sur place, confortablement installés à l’auberge, ils se renseignent sur l’éventuel passage récent du nain Hogley du Trône de Fer ou de la présence du sorcier de Thay rencontré précédemment chez Lord Ilmeth. Mais le premier n’est pas réapparu depuis des semaines et le second a pris la direction du nord avec ses hommes. Les jeunes gens apprennent également que le seigneur du Valbataille après avoir relâché le guerrier Moon et la magicienne Karen Thass a fait preuve de mansuétude et épargné les bandits.
Seule réserve, ne plus les voir arpenter les terres de son val. Tuskan ne peut que louer une telle clémence, mais se demande ce qu’il adviendra de ses pauvres hères sans terre ni foyer. Qui sait, peut-être que certains sauront accepter sa proposition et se proposeront à démarrer une nouvelle vie loin du brigandage en se présentant à Valperdu ?
1359 : 20 Eleinte
La compagnie après avoir suivi la piste de Rauthauvyr vers le nord pendant plusieurs heures, quitte la voie commerciale et s’enfonce dans les anciens bois elfiques. La progression y est très difficile et la monte vite impossible au sein de cette épaisse forêt millénaire. Chacun poursuit donc à pied en menant sa monture par la bride. Le soir des hurlements lupins se font entendre au loin à intervalles. Quoi de plus normal dans un tel cadre ?
1359 : 21 Eleinte
Une nouvelle journée de trajet délicat. Entre bosquets, buissons et racines, leur progression semble ridicule aux jeunes gens. Mais Elquirel leur assure que la direction est la bonne.
« J’espère qu’elle ne nous raconte pas de bobard, le Vieux, j’ai complètement perdu tout sens de l’orientation pour ma part depuis un bon moment » gémit un Gidéon à court de souffle
- Hardi gamin, regarde là rayonner comme jamais. Si cette sauterelle n’est pas sur les traces de son foyer, je suis renié par mon dieu ! »
Le soir, la compagnie profite d’un petit cours d’eau et d’une clairière pour dresser le camp. Les hurlements de loup ont repris au loin, quoiqu’ils semblent s’être rapprochés. De quoi rendre le sommeil difficile et les gardes nerveux. Vers deux heures du matin, un Nelson sous le choc réveille ses camarades.
« Matez-moi cette empreinte ! »
Et effectivement sous les yeux des amis, une trace de loup certes, mais d’une taille démente. Elle ferait passer celle du warg tué chez les orcs il y a quelques temps par Nelson pour un poussin.
« Amis prêtres, priez vos divinités qu’il ne s’agisse pas de l’empreinte du louveteau de la meute » tente d’ironiser Victor.
Mais sa blague tombe à plat. Après avoir tenté de remonter la piste, Elquirel revient bredouille.
« La bête est maligne, elle a utilisé une zone pierreuse et la rivière pour effacer sa trace. »
Tout sommeil rendu impossible, le groupe scrute chaque buisson en lisière de clairière s’attendant à tout instant à en voir jaillir un monstre.
1359 : 22 Eleinte
Alors que Shar laisse la place à Amaunator, la troupe éreintée reprend la route. Très vite les hurlements reprennent, se répondent et se rapprochent. Il semble que le groupe n’esquivera pas le combat. Bientôt des grognements, des buissons qui ondulent, chacun garde le fer à portée de main. Et soudain l’enfer se déchaîne : un loup de taille gigantesque, de plus de deux mètres de haut, émerge du sous-bois. Sa gueule semble hérissée de dagues. Un second, à peine moins grand, coupe toute retraite au groupe.
« Je m’en doutais des loups-garous primordiaux » peste Elquirel
- Des garous quoi ?
- Georges, tu crois que c’est le moment pour un cours d’anatomie ? Elle nous expliquera si on s’en sort ! » balbutie Tuskan tout en farfouillant frénétiquement dans ses sacoches.
Alors que les monstres s’avancent ; flèches et sortilèges fusent, tandis que Nelson, hurlant une prière à Tempus, fonce sur la plus grande créature. La forêt silencieuse s’emplit du fracas des armes.
Le combat est âpre mais le groupe parvient à mettre à bas le mâle ce qui met en fuite sa compagne. Face aux vilaines blessures de Nelson, Georges s’alarme. S’il s’agissait de lycanthropes…. Elquirel, fataliste, lui fait savoir qu’on ne pourra être sûr de rien avant la prochaine pleine lune. Le calme revenu, la nuit se déroule sans incident. Au petit matin alors que Tuskan prépare le déjeuner, une Elquirel radieuse leur indique qu’ils seront au mausolée dans la journée.
1359 : 23 Eleinte
L’après-midi est déjà bien avancée lorsque la troupe parvient aux abords de la bâtisse Hyshannth. Un silence lugubre entoure l’endroit. Des toiles d’araignées épaisses comme le poing ceinturent la zone. Sans guère réfléchir, Nelson à l’aide d’une faucille commence à couper les toiles à proximité et s’enfonce dans la direction du sanctuaire.
« Pour l’élément de surprise, on repassera ! Regardez vibrer la toile sous les coups de butoir de cet ahuri !
- Et qu’est-ce que ça peut bien te faire, Victor ? » lâche abruptement Gideon. « Il sera de toute façon devant pour encaisser le choc ».
Et le jeune roublard haussant les épaules s’engage s’en plus attendre sur les traces de son camarade, suivi de tout le groupe. Après quelques mètres d’une progression extrêmement pénible, Nelson, en nage, interpelle ses camarades et pointe le doigt en direction du bâtiment. Chacun s’approche pour tenter de voir ce qui alerte leur comparse. Pendue à un arbre jouxtant le mausolée une énorme araignée de six mètres de diamètre, le corps noir barré de deux lignes grises au niveau de l'abdomen les fixe de ses yeux rouge vif.
« Tymora nous protège, je n’ai jamais vu une créature de cette dimension.
- Sans compter qu’elle doit dégouliner de venin. Attendez un peu, on va profiter de ce qu’elle contemple ce qu’elle croit être son futur repas de gala, pour lui couper l’envie ».
Et le jeune mage commence à exécuter une gestuelle complexe tout en psalmodiant une litanie dans un langage incompréhensible. Une gigantesque boule de chaleur se forme bientôt entre ses deux mains et prend la direction de l’horrible créature qui disparaît dans les flammes. Littéralement …
« Une simple illusion, …une fichue illusion … » peste Tuskan.
Kasdanthur a juste le temps d’hurler "gare à droite!" qu’une créature identique, mais tout à fait réelle celle-ci bondit sur le groupe. Dans un vacarme assourdissant un combat épique s’engage. Si la bête est vite vaincue son poison fait des ravages et Victor et Kasdanthur se roulent au sol pris des douleurs terribles. Avant de sombrer dans un profond coma. Le groupe les secoure et les veille du mieux qu’il le peut.
Ceci fait, Gidéon s’engouffre dans le mausolée. Un froid glacial y règne. Un escalier en colimaçon s’enfonce dans le sol. Le groupe, armé de torches rejoint le courageux roublard qui s’engage déjà dans la descente tout en prenant la précaution de vérifier chacune des marches.
Les amis parviennent dans une pièce vide de quatre mètres de côté. Après l’avoir sondée, le groupe reprend la descente et débouche sur une large pièce au sol de quartz vert où des fresques lumineuses semblent se mouvoir sur les murs et que gardent des squelettes armurés. L’inspection des fresques permet de détecter un passage secret qui mène le groupe dans une pièce plus large encore où reposent des sarcophages aux armoiries de la famille Hyshannth, huit en tout alignés face à face.
Le troisième en partant de la droite est ouvert, son linteau de pierre gît brisé au sol. A l’approche de chaque tombeau, une illusion retraçant un moment de vie du défunt s’anime. Il s’agit des sépultures des membres les plus éminents de la famille. Seuls manquent à l’appel les parents d’Elquirel. La tombe profanée abritait un grand guerrier, son épée légendaire a disparu.
Une nouvelle porte secrète conduit l’assemblée dans une bibliothèque remplie d’ouvrages nécromantiques. Deux squelettes immobiles couverts de chaînes, les orbites irradiant un vert écœurant, semblent la protéger. Deux piédestaux supportent deux antiques grimoires, le codex de mémoire spirituelle et le fragment de la nécroharmonie élémentaire.
Rongé par la curiosité, Tuskan feuillette un des ouvrages de l’étagère ce qui entraîne l’animation des squelettes. Un étrange manège s’ensuit, Tuskan courant à en perdre haleine pour échapper aux chaînes-fouets des créatures, sans grand succès, et le reste du groupe courant sus aux chasseurs pour les détruire avant qu’ils ne tuent leur camarade. Le dernier squelette s’effondre dans un cliquetis d’os alors que le mage s’en remettait déjà à Azouth son saint patron.
« La curiosité est un vilain péché » jaillit une voix dans tête alors qu’il panse ses blessures.
« Pritürk, c’est toi qui me dis ça ! » pétille le mage.
- En tout cas tu étais beau à voir détaler comme un lièvre….
- Ici, un passage secret… » avertit la voix fluette de l’elfe.
Son ouverture déclenche un piège, un cône de froid glacial qui frappe l’ensemble des protagonistes. Alors que le silence revient ; la ranger qui patientait devant la porte dérobée, se trouve nez-à-nez avec un squelette jauni arborant l’armure de son père. Il émerge d’un autre passage secret que le piège a du ouvrir. Ses orbites brûlent de lueurs rouges. Il arbore une cotte de mailles ternis et des larmes inondent ses joues osseuses tandis qu’il lève sa magnifique lame sur son enfant. Elles ne l’empêchent néanmoins nullement de frapper.
Une nouvelle danse de mort débute entre une fille interdite et son défunt père. La broche qui orne son poitrail et retient sa cape sombre semble irradier la magie. Tandis que les membres du groupe se rapprochent en demi-cercle pour l’affronter, il hurle « Cri de guerre ! ». Sa lame se met à pulser et ses adversaires sont frappés par une vague de pouvoir qui étourdit une partie d’entre eux. Elquirel qui refuse de frapper son défunt parent profite de la confusion pour se glisser dans son dos et s’engouffrer dans le passage. Nelson qui a résisté à l’attaque magique abat son fléau de toute sa morgue, mais sans arracher le moindre éclat d’os à son opposant .
« Nelson, triple buse attend, prend ma faux. Ton fléau sera inutile.
- Quoi ! Mais je ne sais pas manier cet outil, l’intello !
- Et bien bienvenue au club !
- Et je vais devoir abandonner un de mes objets magiques dans l’échange. Tu sais bien, b…, que mes élémentaires ne m’autorisent pas d’en avoir plus que deux actuellement !
- Si tu veux être efficient, je ne vois pas d’autre solution, mon ami…
- Et m … Tuskan refile moi ta faux !
-Tiens et porte vite secours à Gideon. Avec sa seule dague, toute magique qu’elle soit, il ne va le retenir très longtemps…
Et le colosse se jette à corps perdu dans la mêlée. Les héros qui disposent d’armes magiques harcèlent le mort-vivant qui finit par céder. Le silence remplit de nouveau la crypte séculaire…




















