samedi 25 avril 2026

Campagne de Valperdu - Misty Mountains

Campagne de Valperdu - Misty Mountains

Chapitre précédent

1359 : Marpenoth 20 - Uktar 14 

    Durant ce mois calme, chacun en profite pour vaquer à ses propres occupations. 

    - Nelson reprend la route du Valbataille en compagnie de Triaphe. Il récupère l’armure qu’il avait commandé sur Essembra et sur laquelle il a fait graver quatre symboles élémentaires. Puis rend visite aux moines-combattants de l’abbaye de l’Epée. A leur contact, il apprend notamment que les sous-sols de l’édifice dédié au Père des batailles abritent des portails qui parfois relâchent leur lot de créatures…. Le guerrier, ayant réuni les quatre frères élémentaires, doit aujourd’hui composer avec une terrible affliction : un simple toucher de sa part et son interlocuteur subit de terribles et mortelles douleurs. Tout contact lui est désormais prohibé… 

    - Elquirel est remontée au nord dans l’épaisse forêt jusqu’à la communauté d’Arbres mêlés. Les Elfes et demi-elfes sur place l’ont informée avoir été la cible d’une attaque par un Sorcier rouge et son escorte. Leur description laisse peu de doute. Il devait s’agira du mage croisé plus tôt à Essembra chez le seigneur Ilmeth et qui se renseignait sur la cité de Faerolin dont la réputation de la bibliothèque perdue n’est plus à faire. Quant à ses véritables objectifs, mystère… 

    - Gidéon pour sa part, a visité Triaphe fraîchement installé à Essembra au sud de la cité, puis s’est successivement rendu à Hap et Pont de Plumenoire pour y acquérir respectivement l’Auberge du Couchant et l’Auberge « le Marinier ». Les personnels actuels en demeurent les gérants, mais doivent utiliser les services caravaniers de Triaphe et reverser un pourcentage des revenus de l’établissement annuellement. Le jeune ambitieux souhaite agrandir l’Auberge du Dragon écarlate et instaurer un monopole commercial à terme. Il profite également de ce moment de relâchement pour acquérir de nouveaux sortilèges. 

    - Tuskan et Georges se sont eux dirigés vers le Valbalafre, après que Tuskan ait bouclé les préparatifs du mariage et que le jeune prêtre et son mentor Malak aient étudié de près et veillé au bien-être du troupeau de rothés. Le motif officiel du déplacement est de déposer les invitations pour le mariage aux différents convives notamment Horgon implanté dans l’ancienne cité occupée de Lashan. En réalité, Tuskan souhaite informer le Ménestrel que la liche néthérisse est en capacité de sortir de sa grotte. Le tout à l'insu de Nelson, connecté à la liche sans que le groupe n’en sache le degré exact, ne soit informé…. Le voyage est riche en enseignement : Bac de Charpentier et son cercle mégalithique de pièces d’échec magiques, Chute de Plume, sa cascade, ses grottes, sa tour mystique et ses anciens temples et enfin le val de Valbalafre occupé par les forces combinées de Sembie, Château-Zhentil, Cormyr, Montéloy et Vaux, sans oublier la découverte de l’immensité marine. Arrivés à destination, ils rapportent les derniers évènements relatifs à la liche et Nelson à leur ami et après avoir étudié ensemble des différentes possibilités, actent de rester vigilants mais de ne pas précipiter les choses, la liche n’ayant, jusqu’ici, fait montre d’aucune malveillance. Les deux garçons repartent ébranlés de la mise en coupe réglée du val par les différents occupants et notamment les intrigues à peine dissimulées des forces sembiennes et zhentiles … 

    - Kasdanthur a regagné la mine de ses ancêtres et s’est mis au travail. Il a relancé la forge. Aidé par la magie de son dieu, il a déblayé l’escalier condamné qui descend vers les niveaux inférieurs. Il a pu en commencer l’exploration et découvrir des passages secrets. Mais il a également compris que les niveaux inférieurs du complexe abritent aujourd’hui différents monstres. Fort de cette information, il regagne le village pour mander du soutien à ses amis … 

1359 : 15 Uktar 

    Profitant de la venue des nains du clan Etoile de fer, Kasdanthur leur demande de revenir le mois prochain accompagné de leur chef car il aura des révélations importantes sur le clan à lui faire. Le groupe prépare ensuite ses bagages, prend congé de ses proches et se prépare à rallier l’antique mine naine. 

1359 : 16 Uktar 

    Après une route sans encombre, les jeunes attachent leurs montures dans les ruines du comptoir marchand à proximité des portes. L’occasion pour Nelson de dialoguer dans leur idiome avec les élémentaires de terre qui gardent l’édifice. 

    A l’intérieur, la forge remise en route distille alentours une chaleur agréable. En revanche l’obscurité est plus prononcée que lors de leur précédente visite. En effet le lichen fluorescent qui diffusait sa douce clarté semble ne pas supporter la chaleur ambiante et se meurt. Chacun s’arme et les aventuriers se risquent dans le passage nouvellement libéré. Des portes dissimulées ont permis de laisser une première partie du complexe inviolée jusqu’à leur découverte par le prêtre-guerrier. En revanche les autres salles ont toutes été saccagées et pillées. 

    « Mazette, cet endroit devait être majestueux autrefois. 

    - Tu as raison, Victor, il s’agit de la salle du trône de mes aïeuls. 

    - Fichtre, quelle odeur le vieux. Sans offense, ils ont dû pourrir ici les ancêtres. 

    - Espèce d’idiot, tu ne reconnais pas l’odeur de l’orque quand tu le sens. 

    - Oui et certaines traces sont récentes. 

    - Super, Elquirel, et ma main à couper que les énormes bottes là sur la droite en font partie 

    - Petit futé, tu viens de sauver ta main cailleuse. 

    - La paix, vous tous. Continuez à parler aussi fort et on ne perdra peut-être pas qu’une main dans l’histoire… Mais où est Gidéon ? 

    - Parti invisible en reconnaissance il y a quelques instants. Tu t’inquiètes Tuskan ? 

    - Je ne sais pas lequel est le plus écervelé, Nelson. Toi ou lui. Il pouvait se faire escorter de Victor, mais non ! C’est quoi ce bruit ? 

    - Ça, c’est l’écervelé qui revient vous prévenir que trois géants à un œil sont en train de rappliquer ici. » chuchote une voix sarcastique surgit de nulle part. 

    « Ah oui ! Et au bout du couloir, un serpent à tête vaguement humaine semble diriger cette charmante troupe. Bon vous voilà prévenus, moi je file m’embusquer. 

    - Des géants, on va bien s’amuser ! Dumathoïn aide moi à rendre ce lieu à tes fils. » 


    A peine le temps de se mettre en position que, tels que décrits par Gidéon, trois créatures de près de deux mètres cinquante accompagnées d’un naga font irruption dans la salle du trône. Suivant les ordres de l’homme-serpent, deux d’entre eux se lancent dans la mêlée et le dernier remonte le couloir à toutes jambes. L’un d’eux est promptement stoppé par la lame de Gideon qui se rematérialise ainsi que son porteur. Le choc initial est violent. Mais alors que Nelson et Kasdanthur foncent droit vers le naga, l’humain stoppe net, avant de tourner les talons et de s’enfuir en hurlant. 

    Profitant de la confusion qui s’ensuit, le naga s’échappe tandis que le destin des cyclopéens est vite scellé. Le calme pesant qui suit la rixe est mis à contribution pour se soigner et rejoindre un Nelson encore tremblant qui peine à retrouver son calme. 

« Récupère bien gamin, les renforts ne devraient pas tarder. L’ennemi va profiter de sa connaissance du terrain ainsi que de multiples portes que contient la salle du trône pour tenter de nous submerger 

- Ça va le faire le vieux, laisse-moi juste un instant. 

- Tas de mollassons, tâcher de vous disposer de façon à bien surveiller les différents accès. Les dieux nains m’entendent, il va y avoir des têtes à raccourcir. » 

Bientôt des nuées de glapissements rauques s’élèvent. Une multitude d’orques encadrés par le naga et un cyclopéen jaillissent dans l’espace royal. Les coups pleuvent. Le naga, à distance, tente de créer une brèche, à l’aide d’un éclair, mais un sort de silence lui coupe toute capacité de lancement futur de sort. Et il ne peut que s’en remettre à ses dieux serpentins lorsqu’un Kasdanthur aux yeux brillants de l’excitation du combat, lève sur lui ses marteaux de guerre. 

    Privés rapidement de leader, les ennemis, malgré le surnombres sont incapables de proposer une résistance ordonnée et les rares survivants décampent bientôt sans demander leur reste. Le groupe reprend alors l’exploration de la zone. Les lieux sont cartographiés par le nain, notamment un complexe minier important où le groupe se heurte et défait un monstrueux formorian. Puis les amis sont la cible d’une embuscade menée par une créature semblant sortir de la roche elle-même et dont le regard va complètement chambouler Nelson qui l’ombre des roches achevée lève son fléau sur ses camarades. Ses compères le bombardent de sort d’immobilisation afin de le stopper le temps que les effets délétères se dissipent…

La tempête passée, usant de sa magie pour franchir des zones très difficiles d’accès, Tuskan répertorie un conséquent filon de mithril ! Alors que l’exploration touche à sa fin, depuis une tourelle de la forteresse, les jeunes observent dans une immense caverne, un important troupeau de rothés qui paisse au loin. 

 « Cette caverne doit être connectée au Tréfonds obscurs, il n’y a pas de doute. 

- C’est certainement depuis ce lieu que les créatures ont su investir la citadelle. Vous avez vu l’état du pont-levis ? On dirait qu’il est passé à la moulinette. Tuskan, une théorie fumeuse ? Lâche la longue-vue de Georges un instant ! Ben, tu ne dis rien ? Tu en fais une drôle de tête. 

- Vous avez vu ? » glapit difficilement le mage 

 « Et qu’est-ce qu’on est censé avoir vu ? 

- Là-bas au fond de la grotte. Côté nord. Il y avait un dragon d’une sombre noirceur ! Il a choppé deux rothés en vol et les a engloutis. Puis il s’est posé tout près de la petite ouverture là-bas, s’est changé en elfe noire et s’y est engouffré ! 

  -Tu bois trop camarade ! » rit un peu faussement Victor. 

- Et il n’y avait pas le vieil Anthar juché sur la tour de Chalandromachin en train de voler, par hasard ? » 

- La ferme Gidéon. J’ai vu ce que j’ai vu. Kasdanthur ta mine ne sera pas viable tant qu’un dragon cupide rodera à proximité… 

- Je sais gamin. Et si on allait y jeter un œil ? »

dimanche 19 avril 2026

Campagne de Valperdu - Old Hag

Campagne de Valperdu - Old Hag

Chapitre précédent

1359 :11 Marpenoth (suite) 

    Nos compères s’entendent pour suivre la piste septentrionale, misant sur le fait que le quatuor a dû se faire remettre l’artefact. Victor, pour sa part, reprend la route de Rauthauvir afin de faire la jonction avec le reste du groupe et, qui sait, obtenir des nouvelles de Serena. 

    Elquirel, malgré le peu de luminosité remonte aisément sur plusieurs lieux la trace au cœur des bois pour déboucher sur une clairière abritant une colline coiffée de ruines d’un antique manoir. La fumée d’un foyer s’en échappe. Gidéon intime alors à ses amis de garder le silence et, furtivement, part en reconnaissance. Non sans qu’Elquirel ne lui emboîte le pas afin de prévenir toute difficulté. Le roublard pénètre sans bruit dans l’enceinte et avise un groupe d’humains à la mine patibulaire qui cherche du réconfort autour d’un feu de camp. Un sac posé à proximité pulse d’une aura rougeâtre. Alors qu’il se rapproche, son amie elfe, à quelque distance, prend position arc bandé depuis un surplomb, prête à le couvrir si nécessaire. Il est indéniable à leur accent qu’il s’agit de nordiques, vraisemblablement de la mer de Lune. Celui qui semble les mener peste contre d’étranges rêves sanglants qui le tourmentent. Ils ne semblent avoir qu’une seule hâte, se débarrasser de leur colis. Mais il leur a été clairement spécifié de rester deux jours sur place avant de se mettre en route, capte le furtif roublard.


    « Salutations nobles campeurs, votre ragoût dégage un doux fumet à mes narines ! ». 

    Quelque peu décontenancés, ne l’ayant ni vu, ni entendu approcher, le quatuor se reprend bien vite. 

    « Holà, intrépide voyageur nocturne, quel bon vent t’amène dans ces bois ? N’hésite pas à venir te réchauffer et à sortir ton écuelle, notre marmite est tienne, si tu le souhaites. » réplique leur chef tandis que les trois autres échangent entre eux des regards interrogatifs. 

    Leurs mains descendent lentement vers leurs fourreaux sans que le jeune homme ne fasse mine de s’en émouvoir. 

    « Voilà une invitation qui ne se refuse pas. » s’amuse le roublard en se rapprochant plus encore. 

    « Mais je ne me suis pas présenté. Mes excuses pour ce manque de convenance. Gidéon, pour vous servir. Et à qui ai-je l’honneur ? » 

     Sans attendre de réponse, le natif du Valplume enchaîne : 

     « Votre étrange campement alors même qu’un village se trouve à quelques lieux m’a surpris. Et je n’ai pu m’empêcher de m’interroger sur le contenu de ce sac. Qu’est-ce qui peut bien luire en son sein ? » 

     Comprenant que l’étranger est plus qu’un simple randonneur, à l’unisson les quatre compères dégainent, sous l’œil franchement goguenard de leur challenger. Alors qu’ils bondissent sur leurs jambes, quelques mots arcaniques s’élèvent, un kaléidoscope de couleurs chatoyantes jaillit des mains du garçon et les quatre voleurs roulent au sol, parfaitement endormis 

« Par tous les diables, ils sont encore plus pitoyables que je ne le pensais. Hey là-bas, Elquirel, le Vieux ramenez-vous et apportez de quoi ficeler proprement ces lascars. J’ai quelques questions à leur poser. » 

    Et bientôt un interrogatoire serré commence. Les quatre bandits ne mettent guère de temps à se mettre à table. Ils ont été recrutés par une riche inconnue sur Monteloy, leur cité d’origine. Celle-ci les a grassement payés pour une tâche apparemment facile : se rendre à un lieu de rendez-vous prêt de Hap, récupérer un colis de la part d’un homme grassouillet, se réfugier dans des ruines à l’ouest du village et attendre deux jours impérativement avant de reprendre la route de leur cité pour livrer leur lot. Ils n’ont aucune idée de l’identité de leur commanditaire, ni du contenu du sac. En revanche depuis qu’ils en sont entrés en possession, leur chef multiplie les mauvais rêves sanguinolents. 

    « Ca tombe bien on va vous en délester. Savez-vous que tout le village de Hap est sur les dents. Il s’agit de leur relique que vous avez dérobée. » 

    - Et une minute, jeune homme ! On n’a rien volé ! On a juste pris livraison du paquet. 

    - Et ben ça mes agneaux, faudra convaincre les villageois… » leur jette le nain, un rictus mauvais aux lèvres. 

1359 : 12 Marpenoth 

    Ayant récolté tout ce que les convoyeurs semblent en capacité de leur apprendre, les héros les livrent aux autorités de Hap et restituent la relique sacrée. Dans le même mouvement, le reste du groupe les rallie. La communauté est aux anges et le prestige des jeunes au sommet. Les habitants parlent ouvertement d’un rapprochement politique avec Valperdu. Les avis des jeunes gens sont suivis. Ainsi les gredins sauvent-ils leur existence. Ils seront emprisonnés un mois puis relâchés au grand dam d’Ephron qui se délectait, par avance, d’une ‘bonne’ pendaison publique. Eloi, disculpé mais quelque peu disgracié, est envoyé prévenir Essembra que la situation est revenue à la normale grâce aux aventuriers. 

    En guise de récompense, un petit miracle. Kasdanthur a la joie de voir repousser sa barbe plus belle et drue que jamais grâce à la relique. Une fête improvisée est donnée en l’honneur des jeunes et du retour du Sang de Lathandre. 

1359 : 13 Marpenoth 

    Après de chaleureux au revoir, le groupe descend sur Pont de Plumenoire , bien décidé à se pencher sur les disparitions récentes. La troupe pose ses affaires à l’auberge du Marinier dont le fils de l’aubergiste, Nalin fait justement partie des disparus. Leur journée d’enquête leur permet d’apprendre que ce dernier, comme bon nombre de jeunes gens du cru, et notamment l’autre jeune homme manquant, fréquentait assidument un lieu de rencontre situé sur les berges de la rivière. Là se mêlent autochtones et jeunes sembiens en transit, notamment de jeunes danseuses envoyées travailler dans les bars et tavernes de la mer de Lune. De même, un dénommé Alvin leur apprend que la nuit de la disparition de Nalin, il avait approché une fille éplorée près du pont avant de prendre les jambes à son coup, effrayé par deux énormes silhouettes sombres à proximité. 

Le passage dans la cité est également l’occasion de récupérer auprès de la caravane de Triaphe, de passage, une armure de plates et une composante de sort onéreux commandés respectivement par Nelson et Tuskan. 

    Après une collation en soirée, Tuskan, Georges et Elquirel se positionnent en faction près dudit pont, le mage servant délibérément d’appât en restant en son centre tandis ces deux complices s’embusquent afin de lui porter assistance au besoin. Une morne veille débute. Dans le même temps, Nelson et Gidéon arpentent les berges afin de localiser le lieu de rencontre de la jeunesse. Il ne faut pas longtemps à ces derniers pour découvrir l’endroit. Un jeune joue du luth devant une fille à la peau hâlée tandis qu’un couple lutine un peu à l’écart. La méfiance initiale laisse vite la place à une franche camaraderie et la fête bat son plein. Les jeunes sont naturellement au courant des disparitions, mais l’ennui prend le pas sur leurs craintes et ils continuent à venir s’amuser régulièrement. 

    La nuit est déjà bien entamée et, petit à petit, les noceurs se dispersent et bientôt seuls nos deux héros et une jeune danseuse, Chiara, manifestement emmourachée de Nelson demeurent sur place. Soudain des traits de lumière s’agitent sur le cours d’eau et initient un étrange ballet. Des feux follets ? Tandis que Gidéon entraîne la danseuse effrayée à l’abri, le guerrier se campe fièrement sur la rive du fleuve. D’où émerge une magnifique beauté qui invite le courageux garçon à la rejoindre. La réponse verte de ce dernier clôt le dialogue. Alors qu’il fait tournoyer bien haut son fléau et l’invective tout son saoul, elle se contente de sourire et de pointer le doigt en direction de l’arrogant. Un rayon de lumière en jaillit et vient frapper le combattant au poitrail. Il ressent une faiblesse intense et hurle de douleur. Elle vient de lui ôter deux niveaux d’expérience ! 

    Nelson, abasourdi, cherche à gagner du temps, histoire d’échafauder une stratégie, en multipliant les insultes, mais un second rayon aussi foudroyant que le premier, le décide à chercher le salut dans la fuite, un troisième trait lui serait assurément fatal. Fonçant comme si les diables des Enfers étaient à ses trousses, il rattrape Gidéon et Chiara. C’est un trio hors d’haleine et encore sous le choc qui narre ses mésaventures au reste du groupe. 

    « Je vais pas rester comme ça, hein Tuskan ? 

     - Hm, deux possibilités, si je saisis bien ce que tu nous as rapporté. Soit il s’agit d’un sortilège et tout devrait rentrer dans l’ordre, soit il s’agissait d’un puissant mort-vivant et là , j’ai peur que seule la magie cléricale puisse quelque chose pour toi…. 

    - On retourne lui régler son compte ? 

    - Du calme Gidéon, si elle marche et se déplace aussi facilement sur l’eau, le terrain est pour l’heure trop à son avantage. Attendons le lever du soleil et nous saurons comment procéder. 

    - Mais elle risque de s’enfuir ! 

    - Elquirel a raison Gidéon, elle est en position de force et regarde l’état de Nelson, il ne sait presque plus lever son fléau. Allons le soigner à l’auberge. Chauntea saura nous guider aux premières lueurs de l’aube. » 

 1359 : 14 Marpenoth 

     Pour le grand soulagement de chacun, Nelson semble avoir récupéré ses capacités. Les héros, rejoints par le prêtre nain décident de retourner sur les lieux de l’attaque pour en apprendre le plus possible. Sur place, Elquirel ne tarde pas à comprendre que la créature a joué d’un rocher à fleur de rivière pour donner l’illusion de flotter sur l’eau. Elle ne peut guère en apprendre plus et le groupe décide de louer une barge pour remonter à contrecourant l’Ashaba afin de tenter de retrouver la dangereuse beauté fatale. 

     Après une bonne heure d’initiation à la rame et de lutte contre le fort courant, aucun doute pour Nelson, l’ultime élémentaire qu’il recherche se trouve à proximité. Continuant la progression, le guerrier est bientôt certain qu’il se trouve de l’autre côté de la paroi rocheuse qui flanque le cours d’eau. Sans plus attendre Tuskan lévite le long de la paroi et découvre, sur un promontoire, une anfractuosité permettant de s’enfoncer dans le granit. Il lance alors une corde à ses compères et les presse de venir le rejoindre. Chacun escalade comme il le peut hormis Elquirel qui semble saisie de vertige et finit tremblante l’ascension. Kasdanthur après une magistrale grimpée couve l’elfe d’un regard narquois. 

    La troupe s’enfonce dans le boyau et après une courte exploration découvre la retraite de l’élémentaire. Néanmoins des traces d’activité dans la zone suggèrent une autre présence. Faisant fi de l’avis de Nelson, et surtout de ses « amis intérieurs», le groupe décide de visiter la zone en premier lieu.

     A l’opposé de l’élémentaire, un arbre étrange bloque le passage. Son allure ne présage rien de bon. Nelson, pressé d’en finir s’avance tout de go à sa rencontre et est accueilli par une volée de branches. L’arbre lui assène de multiples coups. Le guerrier épaulé par la magie et la puissance de ses collègues n’est pas en reste et bien vite la menace est écartée. Il semblait garder l’accès d’une grotte pleine de concrétions rocheuses au sol et au plafond. Tuskan envoie alors Pritruk en reconnaissance en le priant de rester prudent. Au comble de l’excitation, le serpent ailé s’envole à tire d’aile et via des cercles de plus en plus large adresse à son ami une vision des alentours. La large grotte laisse place à une autre ouverture du sourd de la lumière. Alors que le dragonnet s’en approche, ses premiers regards provoquent chez la sensible créature un torrent de pensées néfastes.
« Tuskan, une horrible vieille femme entourée de deux espèces de trolls maléfiques torture deux prisonniers. Elle récupère leurs larmes ! Elle ordonne à ses bêtes d’aller voir ce qui se trame dans la grotte. Faites attention ! 

-Tu en as assez vu, reviens vite te mettre à l’abri. On les attend de pied ferme. Je passe le mot aux copains. Bien joué petit futé ! Les gars, on va avoir de la visite. Des trolls ou quelque chose du genre et une sorcière. Kasdanthur rapproche toi que je te rende plus fort 

- Et toi Nelson ça te dirait de rivaliser en taille avec une ogre ? 

- Et comment, Gidéon ! » Chacun se prépare au mieux et très vite les deux créatures cauchemardesques font irruption dans l’angle de vue des jeunes héros
« Trolls d’eau je pense ! Dégagez le passage une boule de feu va leur donner à réfléchir ! » 

    Injonction peine perdue, ralliant leurs dieux à leur cause, Nelson, Kasdanthur et Gidéon foncent déjà tête baissée pour croiser le fer. Haussant les épaules le jeune mage rengaine le morceau de souffre qu’il avait extrait de sa ceinture. 

    Les coups sourds pleuvent, grognements bestiaux et cris envahissent les lieux. Alors que le combat est à son paroxysme, une douce lueur apaisante illumine la zone et une magnifique jeune fille à la chevelure blonde comme les blés s’approche le sourire aux lèvres. « Mon beau chevalier servant, je te retrouve ! 

    - C’est la fille de l’Ashaba ! » s’époumone Nelson. 

    « Gare à ses sorts 

    - Ta jolie blonde est une sorcière, pas de quartier » hurle Georges 

    « Tu as raison maudit prêtre d’une divinité pitoyable, vous avez entendu mes mignons pas de quartier ! » 

    Et, le temps d’un battement de cil, la femme fatale se métamorphose en une caricature de vieille femme acariâtre. Arguant un funeste sourire, elle pointe doucement l’index en direction de Nelson. Un rayon magique d’un noir funeste file en direction de Nelson.
    Ce dernier évite un sortilège tout en abattant un des trolls, la sorcière fait face en retour à un déluge de sorts et de flèches. Bientôt le second troll s’effrondre avec fracas au sol et la sorcière déjà bien blessée comprend que sa dernière heure est arrivée, malgré les terribles blessures que ses griffes acérées comme des rasoirs infligent aux combattants. 

    « Bandes de gamins idiots, je vous maud….. » 

    La phrase reste en suspens tandis que le marteau du nain s’écrase sur le vicieux visage. Les jeunes reprennent leur respiration au plus vite et foncent porter secours aux prisonniers. Il s’agit bien des Valiens disparus. Les sévices infligés sont terribles à constater. Et malheureusement le détenu le plus ancien semble avoir perdu l’usage de ses jambes et son esprit. 

1359 : 14-18 Marpenoth 

Le groupe les soigne au mieux. Puis tandis qu’une partie d’entre eux rentre sur Pont de Plumenoire ramener les victimes à leur proches, Nelson enclenche la dernière étape de sa fusion. La soirée du 18, le groupe au complet est célébré dans la cité. Nelson leur apparaît quelque peu distant. 

1359 : 19 Marpenoth (soirée) 

Revenus dans leur village, les jeunes narrent leurs exploits sous les vivats des villageois. Si le nain a décidé de rallier sa mine dès le lendemain pour poursuivre son exploration, les autres annoncent prendre leurs quartiers d’hiver pour le plus grand bonheur de leurs proches.