vendredi 30 janvier 2026

Campagne de Valperdu - la demeure Hyshannth II

Campagne de Valperdu - la demeure Hyshannth II

Chapitre précédent


1359 : 22 Eleinte


    « Elquirel, tu es certaine qu’il s’agit des restes de ton père ?

     - L’épée, l’amulette, la stature oui aucun doute. Je promets de faire payer au pourri responsable de cet outrage ! 

    - En attendant, ces objets sont ton héritage. Entre l’armure de ta mère ainsi que l’épée et l’amulette de ton père, te voici rhabillée ! Du coup, dans le couloir derrière tu as vu quelque chose de spécial ? 

    - Je ne m’y suis guère risquée longtemps, mais la zone est nimbée d’une aura de silence absolue. S’y trouvent deux sarcophages de pierre aux noms de ma mère et de sa jumelle. J’ai déposé dans le premier la dépouille de ma mère. Le second est ouvert et vide. Une aura glaciale en émane. Des fresques animées relatent des épisodes de leur jeunesse. Et il y a une porte imposante à son extrémité, deux énormes panneaux argentés. Et de votre côté ? 

    - En plus des objets du père, Victor a trouvé des tubes métalliques. Des parchemins de magie cléricale. Je sais qu’on est dans le caveau familial, mais tu acceptes qu’on les répartisse entre Georges et Kasdanthur ? Ils pourraient nous sauver la mise. 

    - Evidemment ! Je ne peux rien en faire et vous m’avez assez aidé jusqu’alors ! » 

    Les compagnons dressent la liste de leurs blessures et des sortilèges encore à leur disposition. Force est de constater que le repos s’impose. Des discussions animées s’engagent quant à l’endroit le plus propice pour dresser le campement. 

    Mais c’est sans compter sur la curiosité maladive de Gideon qui, lassé des incessantes palabres de ses amis, s’est avancé dans la pièce et, sans plus de cérémonie, pousse les battants, dans le plus grand silence, révélant une large pièce au sol de marbre noirci. En son centre un large cercle d’obsidienne enchâssé dans le sol, craquelé comme une toile d’araignée pulse d’une lumière rougeoyante. Depuis le plafond, une large faille laisse entrer des nuées de flammes noires qui éclairent d’une lueur malsaine les lieux. Sur le sol, une tiare brisée au milieu d’un pentacle et cinq cadavres desséchés et incomplets. Trois d’entre eux bougent encore de manière grotesque semblant ramper sur le sol, sans grand effet. Leurs orbites s’illuminent à tour de rôle comme si une magie alternative courait de l’un à l’autre. À proximité des défunts, une table sur laquelle repose une cage de métal. En son centre une énorme gemme irradie une lumière étrange. Un laboratoire alchimique occupe un pan de mur, à proximité deux piédestaux sur lesquels reposent des incunables ouverts. Dans un angle de la pièce, un escalier en colimaçon s’enfonce dans la roche. 

    Le groupe pénètre dans la pièce. Nelson se rue sur la cage en métal. Elle semble forgée dans du pur mithril. Le guerrier jubile, un bon début pour sa future armure. La gemme en revanche est glacée. Mal à l’aise à son contact, il la repose prestement et repart la cage sous le bras. Gidéon de son côté s’approche du piédestal à la droite du cercle. Le livre qui y repose est rédigé dans une langue qui lui est inconnue. Le roublard lance l’ouvrage au milieu du cercle magique mais sans provoquer un quelconque effet. Tandis que Kasdanthür pulvérise les cadavres mouvants les uns à la suite des autres, Gidéon lance détection de la magie et ausculte les lieux. La gemme autrefois encagée dégage une puissante aura nécromantique tandis que le second ouvrage sur le piédestal de gauche irradie lui aussi tout comme un ouvrage posé sur l’établi. L’elfe s’approche de la gemme et, malgré la morsure glacée, la saisit fermement sous l’œil approbateur du nain : 

     « Par Moradin, elle est parfaitement taillée et d’une taille considérable, tu tiens une immense fortune mâtinée d’une œuvre d’art au creux de la main, fillette ! ». 

     Mais ses paroles ne rencontrent que le vide, Elquirel, à peine posé la paume sur la pierre a senti en son sein deux volontés désireuses d’entrer en contact avec elle ; une sombre et une lumineuse. Sentant son esprit attaqué, la jeune elfe lutte de toute ses forces et conserve son libre-arbitre. Elle semble s’extraire d’un rêve et met en garde ses amis contre la relique. Des âmes y sont emprisonnées. Georges lui tend alors l’ouvrage jeté plutôt par Gidéon. 

     « C’est de l’elfique, tu en tireras peut-être quelque chose. 

    - Gidéon, par ici il s’agit d’un énorme livre de sorts ! jubile Tuskan tout en feuilletant l’ouvrage posé sur l’établi. Il s’agissait d’un mage puissant et très orienté nécromancie. En tout cas, ce bouquin est une mine d’or ! 

    - Nécromancie, je n’aurais pas deviné » lui rétorque son compère. 

    « As-tu une petite idée de la teneur du livre que j’ai moi-même sous les yeux ? Rituel de lichéfaction ni plus, ni moins. La joie…. 

    - Quant au mien, il s’agit du journal intime de ma chère tante. On va peut-être en apprendre un peu plus. » 

    Et effectivement, l’ouvrage relate la douleur ressentie par l’elfe à la mort brutale de sa jumelle, de mains humaines, ses recherches toujours plus lointaines et dangereuses aux marges de la science et de la magie pour retrouver son âme et lui permettre de lui rendre la vie. Sa bascule de plus en plus certaine vers la folie, la haine et le mal. Enfin après avoir réussi à mettre la main sur une étincelle d’esprit de sa sœur adorée, sa tentative pour la retrouver même dans un simulacre de vie. Les pages du journal s’arrêtent sur ses sombres auspices. 

    La fouille de la pièce terminée, le groupe se décide à suivre la dernière piste laissée par l’elfe maléfique, l’escalier vers les profondeurs…. 

    L’obscurité est tangible et les torches n’illuminent que la proximité immédiate des porteurs. Après une dizaine de mètres, les héros sont victimes d’une attaque mentale. Une vague de désespoir s’insinue au plus profond de chaque être. Se rassérénant mutuellement, les Valiens continuent malgré tout la descente. Après une vingtaine de mètres, ils débouchent dans une salle étrange. Un plafond haut est illuminé par des astres sombres. La température semble alterner entre le très chaud et le très froid en quelques secondes. Des fresques animées courent le long de trois murs. Un cercle ésotérique veiné de mithril et de bronze pulse d’une étrange lueur bleutée. Un sombre autel décoré de crânes est adossé au quatrième mur. Ce dernier abrite une vaste bibliothèque et un splendide coffre ouvragé. Un trône carbonisé repose au centre de la pièce. Un squelette aux mains encore elfiques nimbé de flammes, la robe noire, scrute les nouveaux venus. Le sceptre d’os qu’il brandit ne laisse rien présager d’heureux. Et les deux squelettes imposants aux quatre bras qui l’encadrent moins encore.
    « Tuskan ta faux, je sens que je vais en avoir besoin… 

    - S’il te plaît, mon ami. Ben je vais axer mes sorts sur les sbires, je sens que notre hôte doit résister à la magie. 

    - Tempus, guide mon bras ! rugit le guerrier en se lançant à l’assaut. 

    - Chère Madame, je pense que votre sombre règne touche à sa fin ! pique le jeune mage ironique 

    - Cà s’est envoyé ! 

    - Priturk sort de la pièce, tout de suite ! 

     - Mais en étant là je te protège ! Et puis une bagarre comme celle-là, je ne vais pas la rater ! C’est bien pour me délecter ainsi que je t’ai rejoint ! 

    - Un sort de zone et tu finis en bouillie. Fais ce que je te dis et de toute façon, tu verras tout ton saoul par mes yeux. Allez vite ! » 

    Et tandis que trois flammèches mauves se matérialisent au bout des doigts du lanceur de sort et prennent peu à peu la forme de petits dragons avant de filer frapper un premier squelette, le groupe dans son ensemble se déploie afin de contrer la menace auquel il fait face 

    - C’était classe ! Ils me ressemblent 

    - Merci, je me suis entraîné pour te faire la surprise. » 

    Pour ce qui est de la surprise…La liche incandescente forme une énorme boule de feu au creux de ces mains et la dirige vers le groupe. L’explosion de chaleur est insoutenable et laisse la majorité du groupe sévèrement brulé. 

    - « Bon sang un coup de ce niveau de plus et je rejoins nos ancêtres, Georges t’es un spécialiste de la non-vie qu’attends-tu pour la réduire en cendres ? 

    - Tu rêves, Victor, c’est une liche, son pouvoir est bien au-delà de mes capacités ! 

    - Alors, moins de blaba et plus de bras, venez m’assister les penseurs, qu’on la réduise en bouillie à la papa ! » beugle Nelson en faisant valser sa faux dans le tas d’os bouillonnant. 

    - « Kasdanthür, épaule Nelson et concentrez-vous sur cette horreur, les autres focus sur les gardes. » 

    Contre toute attente la pseudo-liche est incapable de rivaliser face aux guerriers et ses os s’éparpillent bien vite au sol. De concert, dans un rugissement du contentement bestial, les deux combattants viennent apporter leur contribution à la destruction des guerriers aux bras multiples. Et bientôt, un silence pesant entrecoupé de souffles courts et du râle de douleur des blessés remplace le fracas des armes. Une nouvelle fois les héros sortent vainqueur d’un éprouvant combat.

    - « Bon sur quoi va-t-on faire main basse ? 

    - Holà, je rappelle qu’on se trouve dans la demeure mortuaire des aïeuls d’Elquirel 

    - Faites comme bon vous semble, je veux juste que ma mère repose dans le sarcophage qui avait été pensé pour elle et que la partie d’âme enfermée dans la pierre puisse s’échapper. À propos Tuskan, je ne ressens plus la présence ténébreuse dans la gemme, juste la lumineuse, comment interprètes-tu cela ? 

    - Hm, je dirais que la gemme était censée devenir le phylactère de ta tante et que la transformation a échoué, piégeant d’une façon ou d’une autre une partie de son essence à côté de l’étincelle de vie de ta propre mère. La destruction de sa parodie d’humanité aura tué cette essence captive. Mais ce ne sont que des suppositions. Je suppose que je trouverai quelques réponses dans l’ouvrage sur la lichéfaction. 

    - Tu vas le lire, sérieux ? 

    - Il s’agit de connaissances, Georges, donc oui, du moins le parcourir. Mais ne t’inquiète pas, la nécromancie m’est interdite. 

    - Dommage, ça doit être vraiment classe de faire se lever des squelettes ! » ironise le dragonnet revenu se poser sur l’épaule de son ami. 

    - « Mazette venez voir ça ! On est riches ! » hurle Victor depuis l’autre bout de la pièce. Le jeune voleur vient de crocheter le somptueux coffre près de l’autel aux crânes. Une fortune en pierreries se révèle à ses yeux.

     - Finissez vos emplettes, moi j’ai une gemme à briser ». 

    Elquirel emprunte un marteau au guerrier nain et se met méthodiquement à frapper la gemme. Chaque coup porté semble faire vieillir de dix ans le nain. Mais à la fin, une fissure se produit et l’étincelle se fraie un chemin vers l’au-delà apaisant le cœur encore lourd de l’elfe. 

    La pièce finit d’être fouillée et le groupe rassemble ses effets pour vider les lieux. Un repos spartiate est pris à l’extérieur et avec la levée du jour la compagnie reprend la route de son village. 

1359 : 24 Eleinte – Grandes Moissons 

La troupe redescend tranquillement jusqu’à Valperdu, mettant à profit son passage à Essembra pour faire quelques emplettes et goûter quelque repos. Leurs pas les amènent en plein préparatifs des festivités des Grandes Moissons et leur retour chargé d’or et de présents, associé aux festivités champêtres emplit de joie la communauté. Et la nuit joue les prolongations. 

1359 : 01-05 Marpenoth 

    Les journées sont dédiées à l’identification des objets magiques récoltés, l’étude, la supervision des travaux en cours ou la joie de se retrouver en famille ou entre amis et de souffler. Deux nouvelles familles issues des anciens bandits du Valbataille défaits plus tôt, ont répondu à l’invitation des héros et ont demandé à intégrer la communauté. Hegger décoche aux jeunes un reproche à peine voilé, leur demandant dans le futur d’en discuter au préalable avec lui. Ce à quoi Tuskan objecte qu’il leur a demandé lui-même de se conduire comme des adultes de la communauté et c’est ce qu’ils ont fait en la matière. Il file ensuite faire plus ample connaissance avec les nouveaux arrivants. 

1359 : 04 Marpenoth 

    Tandis que les mages s’échinent sur leurs livres de sort pour tenter d’en maîtriser de nouveaux, Elquirel, Nelson et Victor se rendent à la grotte de la liche Ioulaum afin de jauger la situation. 

    Sur place, ils ne peuvent que constater que la protection qui retenait la créature prisonnière et inoffensive a encore perdu de son efficacité. La liche accède désormais à ses parchemins et son atelier. De surcroît, elle semble avoir regagné en énergie et en sagacité. Elle ne cache pas son intention de bientôt quitter les lieux et fouler les Royaumes. Elle se montre très intéressée par Nelson et surtout les élémentaires qu’il abrite. Elle lui en apprend plus sur leurs origines ; comment un arcaniste netherisse a pu les plier à sa volonté et les assimiler pour en faire des instruments à même de les faire voyager dans les plans. Comment à la mort de leur porteur, les quatre éléments se retrouvent catapultés potentiellement à des milliers de lieux de l’endroit du décès, tout en restant chacun dans un périmètre proche. Leur dernier hôte était ainsi un magicien de la lointaine Vaasie désintégré il y quelques mois de cela. Comment leur seule présence peut altérer un écosystème. 

En croisant toutes ces informations, il apparaît probable que la vague de chaleur inédite et surtout très localisée que subit le Valperdu pourrait être liée à leur apparition. Toujours prompt à proposer ses services, le guerrier se propose de devenir les yeux de la liche sur le vaste monde tandis qu’elle étudiera tranquillement ses ouvrages. Le prenant au mot, le mort-vivant lui jette un sort qui leur permettra de rester en lien quelle que soit la distance. Ce faisant, elle n’hésite pas à sonder les souvenirs de son « ami », lisant en lui virtuellement comme dans un livre et s’arrêtant notamment sur l’ouvrage sur la lichéfaction acquis par Tuskan et surtout le miroir de téléportation niché dans son repaire de Hap. Jugeant qu’elle en a déjà bien assez appris, Victor et Elquirel prennent le premier prétexte qui se présente pour prendre congé de la créature et filer raconter leurs échanges au reste du groupe sidéré d’apprendre que la créature est désormais en capacité de les épier à tout moment. Seul Nelson semble jauger qu’ils s’alarment pour bien peu…. 

1359 : 08 Marpenoth 

    Après deux jours de repos, frustré d’avoir échoué à apprendre de nouveau sortilège, Gidéon se propose de se joindre à Nelson et Georges et qui montent une expédition vers les Collines bistres. Leur objectif, récupérer du lichen dans les grottes autrefois occupées par les orcs. L’étable flambant neuve qui sort de terre au sein de la communauté pastorale pourra non seulement abriter un large cheptel, mais disposera également de zones de culture sous la supervision des prêtres de Chauntea, histoire de ne pas manquer de fourrage à l’avenir. Le jeune roublard les accompagnera un moment avant de prendre la direction de l’ancienne tour d’Arh'n'bratack. Il s’y isolera pour dresser les jeunes araignées qu’il élève secrètement. Son but , en faire les gardiennes des geôles que la communauté fait aménager dans les soubassements de l’auberge du Dragon écarlate. Les autres vaquent à leurs occupations respectives tandis que Tuskan, bien que déçu lui aussi de son échec pour maîtriser détection de l’invisibilité, se replonge à corps perdu dans de nouvelles études. 

1359 : 10 Marpenoth 

    Leur périple s’étant déroulé sans anicroche, les fourrageurs reviennent au village en fin de journée tandis que Gidéon en fait de même de la Tour abandonnée. Malak et Georges commencent la culture du précieux lichen après que les bêtes aient pu se régaler tout leur saoul. 

    En fin de journée, affalés dans les herbes hautes en compagnie de leurs amis, les jeunes discutent des possibilités qui s’offrent à eux. Tuskan, quelque peu fatigué de trop de veille, mais l’air radieux annonce être en capacité de lancer Minuscules météores de Melf.

     « Ah, tu vas jeter des grains de maïs à la face de nos adversaires dorénavant ! 

    - Rigole, Nelson le barbare. Ce sortilège est d’une rare complexité et nous aidera à n’en point douter. 

    - Bien évidement à agrémenter nos rations ! En tout cas, moi tout ce que je veux c’est mettre la main sur le dernier élémentaire. Je deviendrai le guerrier le plus puissant des Vaux, voire de la Sembie et du Cormyr, foi de Nelson ! 

    - Arrêtez vos simagrées tas de gamins mal dégrossis ! C’est quoi ce cavalier qui fonce à bride abattue vers le village ?

 - Un amoureux inconditionnel d’Hegger à n’en point douter. 

- Tas d’abrutis, allez au rapport, ça vous fera de l’exercice. 

    L’amoureux a l’air passablement affolé. 

    - Tout doux le Vieux, je vais au renseignement. Viens Priturk. 

     - Tu crois qu’on va encore vivre une folle aventure ? 

    - Pour sûr, un chat a dû être kidnappé dans une ferme alentours ou pire ! 

    - Bien fait pour lui, je n’aime pas ces bêtes ! 

    - Mouais, tu adores quand même les tourmenter… 

    - Les chiens surtout, ils sont vraiment tellement stupides 

    - Chut allez va te cacher dans les branches du tilleul, que le cavalier ne t’aperçoive pas, Je ne voudrais pas qu’il fasse une attaque. 

    - Ça aussi se serait marrant 

    - Oui, oui, file donc

    Quelque temps plus tard, c’est tout le groupe qui se presse autour d’Hegger et du nouveau venu. Devant l’ampleur de la nouvelle, Tuskan a, en effet, dépêché au plus vite par télépathie son ami reptile pour qu’il alerte ses amis. La relique du temple de Hap, le Sang de Lathandre, a été dérobée. Le cavalier a avalé la distance depuis son village pour donner l’alerte et savoir si d’aventure, une femme serait très récemment passée dans la communauté en venant de la route nord. Ce qui n’est malheureusement nullement le cas. 

    Courroucé de l’outrage infligé à l’amant de sa déesse, Georges insiste pour que l’on aille porter secours à leurs amis. Ce que ces amis conscients du sacrilège, lui accordent bien volontiers. 

    Le cavalier ayant repris quelque peu son calme et rasséréné du soutien des héros parvient à leur fournir quelques informations. Il y a deux jours, une ferme isolée et abandonnée à pris feu au nord du village dans la nuit. Hors de portée de la zone d’influence de la relique. Dame Cathalandra, comme l’ensemble de la communauté s’est précipitée sur les lieux du sinistre pour endiguer toute propagation du foyer. Au retour, elle a découvert le vol. Les soupçons se sont vite portés sur le nouvel héraut d’Ephron, le jeune Eloi qu’un quidam a vu sortir du temple pendant l’incendie, un sac sous le bras. Ce dernier a été incarcéré mais assure, sans nier, ne se souvenir de rien. Fait troublant, il était tombé sous le charme de la splendide Sérenya, installée à l’auberge locale, dont tout le village semble s’être amouraché sans être en mesure d’indiquer depuis quand précisément elle fréquente la communauté. 

    Cette dernière étant introuvable depuis lors, elle a été soupçonnée de complicité et des messagers ont été dépêchés vers Essembra et le Valplume pour tenter de la retrouver. Le groupe décide de rallier Hap le lendemain en se scindant en deux groupes. Kasdanthur, Gideon, Elquirel et Victor en compagnie de l’émissaire de Hap remonteront par le nord, la voie la plus directe. Georges, Tuskan et Nelson descendront vers Pont de Plumenoire afin de reprendre la route de Rauthauvyr et de filer vers Hap. Cette séparation aura le double avantage de permettre de contrôler chemin faisant les éventuels voyageurs et de longer la rivière Ashaba et d’autres cours d’eau pour Nelson, dans l’espoir de sentir la présence du dernier élémentaire non encore découvert. 

1359 : 11 Marpenoth 

    Le groupe Georges rallie la cité-frontière de Pont de Plumenoire et y apprend qu’un jeune garçon a disparu la nuit précédente, ce qui porte à deux le nombre de disparitions en un mois. Les citadins incriminent une légende locale. Les esprits de la rivière Ashaba réclameraient un tribut humain. D’autres stipulent que le pont est maudit et qu’une ombre rôde dans le vent et attire les âmes des jeunes hommes. Les héros se promettent de revenir enquêter dès leur retour de Hap. Deux personnes évanouies dans la nature en peu de temps, voilà qui est pour le moins troublant. Faute d’information sur un éventuel passage de Sérenya, le trio se remet en route et passe la nuit sur Worm. Là-non plus aucune information. À voir si les habitants de la ferme isolée entre Worm et la communauté sauront en apprendre plus aux garçons le lendemain avant d’atteindre leur objectif. 

Durant le même laps de temps, la troupe Kasdanthur a rallié le village de Hap. Sur place, avec l’aval d’un Ephron effondré, elle procède à l’interrogatoire du héraut. Le jeune homme semble honnête lorsqu’il affirme n’avoir rien fait et ne se souvenir de rien, hormis qu’il lui fallait faire un cadeau à son amante Sérenya, qu’il devait la retrouver sous un vieux chêne à l’écart de la place du village. 

    Forte de ses informations, Elquirel se fait indiquer l’endroit par Ephron et repère aisément les traces d‘Eloi ainsi que celles d’une seconde personne en bottes à talon, celles que portait Sérénya d’après les descriptions qui en avaient été faites. Alors que celles du héraut repartent vers le village, les autres piquent dans les bois alentours en direction de l’ouest. Sans plus attendre, la ranger se lance sur la piste.

     A quelque distance du village, celle-ci est rejointe par une tierce personne et deux montures. Le duo a enfourché les chevaux et repris la direction du septentrion. Rapidement, les deux traces se séparent, l’une se perdant sur la route principale partant vers Essembra tandis que l’autre remonte vers le Nord rejoignant les traces de quatre autres cavaliers dont deux semblent avoir mis pied à terre. Le quatuor pris la direction du nord, l’individu resté seul opta pour l’ouest. Un choix va devoir s’opérer….

samedi 3 janvier 2026

Campagne de Valperdu - la demeure Hyshannth

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1359 : 16 Eleinte (soirée) 

  « Eh l’illusionniste, où emmènes-tu ma petite Emmy de si bon matin ? » aboie la mère Charron sans cesser de traire la vache plantée telle une statue au milieu de la cour de ferme. 

    « Madame, les pâtres rencontrés hier soir m’ont averti que le troupeau de rothé n’est pas au mieux et je souhaitais les inspecter avant l’arrivée de la troupe naine en fin de matinée. Je me suis dit qu’Emmy serait ravie de m’y accompagner. » se justifie le jeune Tuskan, qui sent ses joues s’empourprer sans oser lever les yeux du sol en direction de la marâtre. 

    - C’est bien ce que je pensais, une occasion de se la couler douce, une de plus, entre je ne sais quelle aventure ‘palpitante’ et un verre à l’auberge. En tout cas, hors de question que ma fille chevauche sur le même canasson que toi. Qu’en penseraient les villageois ! Cours sceller la carne inutile que tu lui as offert ! 

    - Mais Madame, c’est un cheval de prix ! Et quant à monter la même bête, Emmy et moi serons bientôt unis par les liens de Chauntea, qu’est-ce que les autres pourraient y trouver à redire ? » ose le jeune tout en filant vers l’étable apprêter la jument. 

Avisant Emmy qui apparaît sur le pas de porte de la longère, il lui lance un discret baiser de la main 

    - Vous serez BIENTÔT mariés. Tu as tout dit ! En attendant vous vous conduirez comme des enfants respectables ! Et ce cheval, c’est un dandy inutile. Impossible à faire travailler dans un champ. Sa majesté risquerait de se blesser…» 

    Après s’être éloignés de la ferme, Tuskan, qui a relevé la tête, glisse à sa belle : 

    « Et elle alors, j’imagine qu’elle ne partage pas sa chambre avec le père de Nelson, hein ! Faut éviter tout qu'en-dira-t-on, n’est-ce pas ! 

    - Boudeur, va ! Et pour ta gouverne, je t’informe que chacun à sa chambre ! Et s’y dirige, après quelque conciliabule secret dans la chambre maternelle dont eux seuls connaissent la teneur ! » émet la fraîche Emmy entre deux explosions de rire. 

    - Allez, prends-moi la main et embrasse-moi. Tu sais, elle t’apprécie beaucoup. La jeune cavalière se débarrasse alors de son austère chignon et offre ses cheveux au vent qui balaie le Valpume. 

    - Misère qu’est-ce que ça serait, si je lui déplaisais ! » ironise un Tuskan le sourire malicieux aux lèvres.

 - J’ai bien cru qu’elle allait te lancer le pot de lait au visage. Ça aurait été un gâchis » s’immisce une voix dans son esprit 

    - Pritürk, petit chenapan, cesse de divaguer depuis ton perchoir, et STP détourne le regard quelques instants 

    - Ohh, juste quand ça devenait intéressant…. 

    Revenu en fin de matinée à l’auberge, Tuskan exprime ses craintes à ses amis. Le troupeau dépérit. Dans un mois, faute de soins adéquats, les pertes risquent d’être sévères. Le constat est simple, si la luminosité de la surface doit jouer, l’effet le plus délétère semble le changement alimentaire. Après un long temps d’échange, le groupe se propose de surseoir au problème. Sa priorité, pour l’heure, est d’accompagner leur amie elfe dans l’exploration du tombeau de ses ancêtres. Néanmoins devant la mine inquiète du mage, Nelson et Georges promettent de trouver une solution au retour. 

    Alors que le soleil est à son zénith, une escouade de cinq nains se présente à la barrière du village. Ils apportent, comme convenu, une magnifique armure de plates finement ciselée pour Kasdanthur qui ne pouvait rêver plus belle parure. Devant ce chef d’œuvre, Nelson leur demande s’il leur serait possible de lui fabriquer une armure de plaques en mithral. Les nains acquiescent tout en précisant qu’il lui faudrait leur livrer le double du poids de l’armure en matière première. Une véritable fortune ! Bien évidemment cette perspective n’émeut en rien le guerrier qui leur répond qu’il se mettra en chasse pour leur trouver les éléments, tout en coulant un regard plein d’espoir vers Kasdanthur. Ce dernier en aparté ne peut que réfréner quelque peu ses ardeurs. Sa grotte est réputée fournir des gemmes et du minerai. Mais aucune trace de mithral n’a jamais été répertoriée. 

    « Je trouverai une solution, ou je ne m’appelle plus Nelson, le Vieux ! » 

    Puis plus haut : « allez amis nains, allons siroter une ou deux bières à la cannelle devant un faisan farci bien doré. J’offre la première tournée. » 

    Et sous les vivats, jeunesse et nains pâles emboîtent le pas du colosse et prennent la direction de la terrasse ombragée du Dragon écarlate. L’après-midi est déjà bien entamée tandis disparaissent à l’horizon le groupe de nains et son convoi de rothés. Retour programmé d’ici deux mois. Le groupe tâche alors d’en apprendre le maximum sur la zone qu’il explorera dans les prochaines heures. Puis chacun vaque à ses préparatifs. Nelson aide Elquirel à récupérer les restes mortels de sa mère tandis que Victor et Georges préparent un brancard pour leur transport. 

 1359 : 17 Eleinte 

La troupe montée prend la route de Hap. Equirel a estimé le voyage à quatre jours. La soirée sur Hap permet d’échanger les rumeurs et de prendre des nouvelles de leurs amis sur place. 

1359 : 18 & 19 Eleinte 

Les cavaliers remontent sans difficulté vers Essembra. Sur place, confortablement installés à l’auberge, ils se renseignent sur l’éventuel passage récent du nain Hogley du Trône de Fer ou de la présence du sorcier de Thay rencontré précédemment chez Lord Ilmeth. Mais le premier n’est pas réapparu depuis des semaines et le second a pris la direction du nord avec ses hommes. Les jeunes gens apprennent également que le seigneur du Valbataille après avoir relâché le guerrier Moon et la magicienne Karen Thass a fait preuve de mansuétude et épargné les bandits. 

Seule réserve, ne plus les voir arpenter les terres de son val. Tuskan ne peut que louer une telle clémence, mais se demande ce qu’il adviendra de ses pauvres hères sans terre ni foyer. Qui sait, peut-être que certains sauront accepter sa proposition et se proposeront à démarrer une nouvelle vie loin du brigandage en se présentant à Valperdu ? 

1359 : 20 Eleinte 

    La compagnie après avoir suivi la piste de Rauthauvyr vers le nord pendant plusieurs heures, quitte la voie commerciale et s’enfonce dans les anciens bois elfiques. La progression y est très difficile et la monte vite impossible au sein de cette épaisse forêt millénaire. Chacun poursuit donc à pied en menant sa monture par la bride. Le soir des hurlements lupins se font entendre au loin à intervalles. Quoi de plus normal dans un tel cadre ?

1359 : 21 Eleinte 

    Une nouvelle journée de trajet délicat. Entre bosquets, buissons et racines, leur progression semble ridicule aux jeunes gens. Mais Elquirel leur assure que la direction est la bonne. 

    « J’espère qu’elle ne nous raconte pas de bobard, le Vieux, j’ai complètement perdu tout sens de l’orientation pour ma part depuis un bon moment » gémit un Gidéon à court de souffle 

    - Hardi gamin, regarde là rayonner comme jamais. Si cette sauterelle n’est pas sur les traces de son foyer, je suis renié par mon dieu ! » 

    Le soir, la compagnie profite d’un petit cours d’eau et d’une clairière pour dresser le camp. Les hurlements de loup ont repris au loin, quoiqu’ils semblent s’être rapprochés. De quoi rendre le sommeil difficile et les gardes nerveux. Vers deux heures du matin, un Nelson sous le choc réveille ses camarades.

     « Matez-moi cette empreinte ! » 

    Et effectivement sous les yeux des amis, une trace de loup certes, mais d’une taille démente. Elle ferait passer celle du warg tué chez les orcs il y a quelques temps par Nelson pour un poussin. 

    « Amis prêtres, priez vos divinités qu’il ne s’agisse pas de l’empreinte du louveteau de la meute » tente d’ironiser Victor. 

    Mais sa blague tombe à plat. Après avoir tenté de remonter la piste, Elquirel revient bredouille. 

     « La bête est maligne, elle a utilisé une zone pierreuse et la rivière pour effacer sa trace. » 

    Tout sommeil rendu impossible, le groupe scrute chaque buisson en lisière de clairière s’attendant à tout instant à en voir jaillir un monstre. 

1359 : 22 Eleinte 

    Alors que Shar laisse la place à Amaunator, la troupe éreintée reprend la route. Très vite les hurlements reprennent, se répondent et se rapprochent. Il semble que le groupe n’esquivera pas le combat. Bientôt des grognements, des buissons qui ondulent, chacun garde le fer à portée de main. Et soudain l’enfer se déchaîne : un loup de taille gigantesque, de plus de deux mètres de haut, émerge du sous-bois. Sa gueule semble hérissée de dagues. Un second, à peine moins grand, coupe toute retraite au groupe.

    « Je m’en doutais des loups-garous primordiaux » peste Elquirel 

    - Des garous quoi ? 

    - Georges, tu crois que c’est le moment pour un cours d’anatomie ? Elle nous expliquera si on s’en sort ! » balbutie Tuskan tout en farfouillant frénétiquement dans ses sacoches. 

     Alors que les monstres s’avancent ; flèches et sortilèges fusent, tandis que Nelson, hurlant une prière à Tempus, fonce sur la plus grande créature. La forêt silencieuse s’emplit du fracas des armes. 

    Le combat est âpre mais le groupe parvient à mettre à bas le mâle ce qui met en fuite sa compagne. Face aux vilaines blessures de Nelson, Georges s’alarme. S’il s’agissait de lycanthropes…. Elquirel, fataliste, lui fait savoir qu’on ne pourra être sûr de rien avant la prochaine pleine lune. Le calme revenu, la nuit se déroule sans incident. Au petit matin alors que Tuskan prépare le déjeuner, une Elquirel radieuse leur indique qu’ils seront au mausolée dans la journée. 

1359 : 23 Eleinte 

    L’après-midi est déjà bien avancée lorsque la troupe parvient aux abords de la bâtisse Hyshannth. Un silence lugubre entoure l’endroit. Des toiles d’araignées épaisses comme le poing ceinturent la zone. Sans guère réfléchir, Nelson à l’aide d’une faucille commence à couper les toiles à proximité et s’enfonce dans la direction du sanctuaire. 

« Pour l’élément de surprise, on repassera ! Regardez vibrer la toile sous les coups de butoir de cet ahuri ! 

- Et qu’est-ce que ça peut bien te faire, Victor ? » lâche abruptement Gideon. « Il sera de toute façon devant pour encaisser le choc ». 

    Et le jeune roublard haussant les épaules s’engage s’en plus attendre sur les traces de son camarade, suivi de tout le groupe. Après quelques mètres d’une progression extrêmement pénible, Nelson, en nage, interpelle ses camarades et pointe le doigt en direction du bâtiment. Chacun s’approche pour tenter de voir ce qui alerte leur comparse. Pendue à un arbre jouxtant le mausolée une énorme araignée de six mètres de diamètre, le corps noir barré de deux lignes grises au niveau de l'abdomen les fixe de ses yeux rouge vif. 

 « Tymora nous protège, je n’ai jamais vu une créature de cette dimension.

 - Sans compter qu’elle doit dégouliner de venin. Attendez un peu, on va profiter de ce qu’elle contemple ce qu’elle croit être son futur repas de gala, pour lui couper l’envie ». 

Et le jeune mage commence à exécuter une gestuelle complexe tout en psalmodiant une litanie dans un langage incompréhensible. Une gigantesque boule de chaleur se forme bientôt entre ses deux mains et prend la direction de l’horrible créature qui disparaît dans les flammes. Littéralement … 

« Une simple illusion, …une fichue illusion … » peste Tuskan. 

Kasdanthur a juste le temps d’hurler "gare à droite!" qu’une créature identique, mais tout à fait réelle celle-ci bondit sur le groupe. Dans un vacarme assourdissant un combat épique s’engage. Si la bête est vite vaincue son poison fait des ravages et Victor et Kasdanthur se roulent au sol pris des douleurs terribles. Avant de sombrer dans un profond coma. Le groupe les secoure et les veille du mieux qu’il le peut.

    La zone sécurisée, le groupe découvre les restes de malheureux tombés victimes des illusions de l’araignée dont un centaure. Puis il gagne la crypte. Les portes gravées de l’emblème de la famille Hyshannth se révèlent impossibles à ouvrir comme l’annonçait Elquirel. La détection de la magie ne révèle pourtant qu’une faible protection magique. Alors que chacun réfléchit sur ce dilemme, Gideon qui a commencé de longer le mur les siffle, il a fait usage de sa baguette de détection des passages secrets et a trouvé une ouverture, dissimulée par la végétation alentours. Les jeunes gens s’attellent à dégager l’entrée secrète.

Ceci fait, Gidéon s’engouffre dans le mausolée. Un froid glacial y règne. Un escalier en colimaçon s’enfonce dans le sol. Le groupe, armé de torches rejoint le courageux roublard qui s’engage déjà dans la descente tout en prenant la précaution de vérifier chacune des marches. 

    Les amis parviennent dans une pièce vide de quatre mètres de côté. Après l’avoir sondée, le groupe reprend la descente et débouche sur une large pièce au sol de quartz vert où des fresques lumineuses semblent se mouvoir sur les murs et que gardent des squelettes armurés. L’inspection des fresques permet de détecter un passage secret qui mène le groupe dans une pièce plus large encore où reposent des sarcophages aux armoiries de la famille Hyshannth, huit en tout alignés face à face. 

    Le troisième en partant de la droite est ouvert, son linteau de pierre gît brisé au sol. A l’approche de chaque tombeau, une illusion retraçant un moment de vie du défunt s’anime. Il s’agit des sépultures des membres les plus éminents de la famille. Seuls manquent à l’appel les parents d’Elquirel. La tombe profanée abritait un grand guerrier, son épée légendaire a disparu. 

    Une nouvelle porte secrète conduit l’assemblée dans une bibliothèque remplie d’ouvrages nécromantiques. Deux squelettes immobiles couverts de chaînes, les orbites irradiant un vert écœurant, semblent la protéger. Deux piédestaux supportent deux antiques grimoires, le codex de mémoire spirituelle et le fragment de la nécroharmonie élémentaire. 

    Rongé par la curiosité, Tuskan feuillette un des ouvrages de l’étagère ce qui entraîne l’animation des squelettes. Un étrange manège s’ensuit, Tuskan courant à en perdre haleine pour échapper aux chaînes-fouets des créatures, sans grand succès, et le reste du groupe courant sus aux chasseurs pour les détruire avant qu’ils ne tuent leur camarade. Le dernier squelette s’effondre dans un cliquetis d’os alors que le mage s’en remettait déjà à Azouth son saint patron. 

    « La curiosité est un vilain péché » jaillit une voix dans tête alors qu’il panse ses blessures. 

    « Pritürk, c’est toi qui me dis ça ! » pétille le mage. 

    - En tout cas tu étais beau à voir détaler comme un lièvre…. 

    - Ici, un passage secret… » avertit la voix fluette de l’elfe. 

    Son ouverture déclenche un piège, un cône de froid glacial qui frappe l’ensemble des protagonistes. Alors que le silence revient ; la ranger qui patientait devant la porte dérobée, se trouve nez-à-nez avec un squelette jauni arborant l’armure de son père. Il émerge d’un autre passage secret que le piège a du ouvrir. Ses orbites brûlent de lueurs rouges. Il arbore une cotte de mailles ternis et des larmes inondent ses joues osseuses tandis qu’il lève sa magnifique lame sur son enfant. Elles ne l’empêchent néanmoins nullement de frapper. 

    Une nouvelle danse de mort débute entre une fille interdite et son défunt père. La broche qui orne son poitrail et retient sa cape sombre semble irradier la magie. Tandis que les membres du groupe se rapprochent en demi-cercle pour l’affronter, il hurle « Cri de guerre ! ». Sa lame se met à pulser et ses adversaires sont frappés par une vague de pouvoir qui étourdit une partie d’entre eux. Elquirel qui refuse de frapper son défunt parent profite de la confusion pour se glisser dans son dos et s’engouffrer dans le passage. Nelson qui a résisté à l’attaque magique abat son fléau de toute sa morgue, mais sans arracher le moindre éclat d’os à son opposant .

    « Nelson, triple buse attend, prend ma faux. Ton fléau sera inutile. 

    - Quoi ! Mais je ne sais pas manier cet outil, l’intello ! 

    - Et bien bienvenue au club ! 

    - Et je vais devoir abandonner un de mes objets magiques dans l’échange. Tu sais bien, b…, que mes élémentaires ne m’autorisent pas d’en avoir plus que deux actuellement ! 

    - Si tu veux être efficient, je ne vois pas d’autre solution, mon ami…  

     - Et m … Tuskan refile moi ta faux ! 

    -Tiens et porte vite secours à Gideon. Avec sa seule dague, toute magique qu’elle soit, il ne va le retenir très longtemps… 

Et le colosse se jette à corps perdu dans la mêlée. Les héros qui disposent d’armes magiques harcèlent le mort-vivant qui finit par céder. Le silence remplit de nouveau la crypte séculaire…