jeudi 19 septembre 2024

Campagne de Valperdu : Sus à l'usurpateur II (seconde partie)

   Campagne de Valperdu - Sus à l'usurpateur II (suite et fin)

Chapitre précédent

1359 : 11 Flammerige (suite)

    Dans le même temps, Mokke, Victor, Tuskan et Kastandhur ont filé plein nord et s’assurent que les paysans des fermes retirées soient bien conscients des risques encourus et prennent leurs dispositions. Puis, leurs chemins se séparent. Mokke les congratule chaleureusement et leur demande, dès que la situation sera plus calme, de se rendre à Essembra où, les assure t-il, les autorités locales ont hâte de les rencontrer. Puis, il éperonne sa monture et file plein nord. Tuskan, toujours quelque peu méfiant envers tout ce qui touche à la Sembie, vérifie que l’ensemble des gemmes que le groupe lui a confié est encore dans sa bourse. Une fois le mage rassuré, la troupe quitte la route principale et pique au sud sur le sentier de Hap.

    Arrivés en soirée dans la petite cité, leur récit provoque la sidération d’Ephron, le chef du village. Il avait bien anticipé la possibilité d’une attaque, suite à leurs précédentes mises en garde, mais si vite, avec si peu d’hommes…

Artstation - Talyssa, Mario Teodosio
    Désemparé, le groupe sur ses talons, il s’en va chercher conseil auprès de la prêtresse de Lathandre. Celle-ci l’assure que son dieu épargnera le village. La sérénité et le détachement de la religieuse, s’ils calment quelque peu le responsable, suscitent l’incompréhension des adolescents. Le danger est imminent, il faut s’y préparer activement clame Victor. La femme de foi n’en disconvient pas, mais elle réaffirme que son dieu saura protéger les siens. Un conseil est tenu rapidement entre les deux citadins et le trio. Le messager d’Ephron, puisqu’Essembra sera avertie par Mokke, ira de son côté solliciter l’aide de fervents de Tempus qui se sont installés à proximité, la populace sera rassemblée dans l’église tandis que toute personne en âge de tenir une arme sera mobilisée pour défendre la populace et leurs demeures. La nuit est déjà bien entamée lorsque les questions de stratégie se tarissent. La prêtresse conseille aux héros de Valperdu fatigués de souper hâtivement à l'auberge avant de goûter un repos bien mérité. Leurs mines sont affreuses et les prochains jours risquent d’être bien chargés. Suivant ses sages conseils, le groupe se retire alors à l’auberge.
 

1359 : 12 Flammerige

     Les feux du Seigneur de l’aube sont encore ténus dans le ciel que les jeunes aventuriers laissent Hap derrière eux, accompagnés de la bénédiction de dame Cathalandra Dovaer.

Lathander Scarabaios Xamparelos 

Arh’n’Bratack encadré d’un ogre et de quatre ogresses qui se sont emparés de ses parents, ses oncle et tante et ses deux sœurs. Il n’a trouvé son salut que dans la fuite et se culpabilise de ne pas avoir pu les sauver. Tuskan le rassure de son mieux et le convainc de les suivre jusqu’à Valperdu. Il promet que le groupe se lancera sur les traces des ravisseurs au plus vite. Le jeune homme se laisse entraîner sas résistance. Se sachant de la même classe d’âge, Tuskan ne peut que constater combien ses amis et lui ont pu changer en quelques mois… La troupe remonte en selle et s’en va prévenir les autres fermes encore sur le chemin. S’est accompagné d’une foule bigarrée de paysans et d’animaux que la communauté entre sur ses terres natales.

Ogre - Georgios Dimitriou    Leur chevauchée les mène jusqu’à la ferme de la famille Drezor. Le silence inhabituel qui règne les fait avancer précautionneusement. Pas âme qui vive dans la chaumine. Des débris dans la pièce à vivre laissent à penser qu’un bref, mais intense combat s’est déroulé sur place. En inspectant les alentours, les aventuriers découvrent le jeune Tregor prostré dans une grange, visiblement en état de choc. Après lui avoir prodigué des soins et l’avoir calmé quelque peu, il relate entre deux crises de sanglots la venue de leur ‘ami’



    Les retrouvailles avec leurs amis rentrés peu de temps auparavant sont joyeuses, mais les nouvelles rapportées fléchissent quelque peu la liesse initiale. Nelson propose tout de go de seller des montures fraîches et de se lancer sur la piste des ogres. Victor, Gidéon et Georges s’y opposent. Priorité à la défense du Valperdu. « S‘enfoncer profondément en plein territoire orque sur le pied de guerre n’est pas forcément l’idée du siècle. » ajoute Tuskan, « mais n’aie crainte, on s’y risquera dès la menace qui pèse sur les nôtres écartée ! ».

    Et tandis que la bourgade se prépare à soutenir un assaut imminent, les amis et différents aînés tiennent un ultime conseil de guerre. Le renforcement des défenses, le lieu de détention du fils Anh, les modalités d’évacuation de la population, la liste des combattants, leur positionnement et leur encadrement, tout est sujet à vive discussion. Et nos jeunes hommes s’aperçoivent, très surpris, que leurs propositions sont quasi unanimement acceptées. « Une bien grande responsabilité pour d’encore si frêles épaules ! » comme le fait remarque Kasdanthur. Le manteau de Shar vêt depuis un moment le ciel lorsque le conseil se disperse et que chacun rejoint son domicile.

samedi 14 septembre 2024

Campagne du Valperdu : Sus à l'usurpateur II

  Campagne de Valperdu - Sus à l'usurpateur II

Chapitre précédent

1359 : 10 Flammerige (suite)

    Le camp des bûcherons sécurisé, la situation n’en est pas stabilisée pour autant. La crainte est grande que les mercenaires de la garnison en découvrant leur employeur retenu prisonnier, faute de perspective de solde, ne mettent la petite bourgade à sac.

    Après un rapide conciliabule, décision est prise de régler le problème en amont. La petite troupe revient sur ses pas en direction du centre du village et ourdit ses plans. Victor et Gideon partiront en reconnaissance pour jauger la situation. Tuskan les enjoint instamment de ne pas verser le sang, mais face à leurs réponses évasives, ne peut que prier Tyr que ses avis soient suivis d’effet.

    Ayant pris soin d’éviter les sentinelles en poste dans les tours de guet, l’avant-garde effectue un tour de reconnaissance autour du bâtiment où soldatesque et charpentiers profitent des dernières heures nocturnes. Il se glissent par les fenêtres ouvertes et disparaissent aux regards de leurs amis. Se dirigeant au pied du lit des combattants, Victor et Gideon, communiquant par signes, d’un commun accord, égorgent sans autre forme de procès, les mercenaires, puis s’extirpent, toujours dans le plus grand silence, du bâtiment. Interpellant par la gestuelle leurs camarades, ils leur indiquent qu’ils vont s’occuper du garde d’une des tours de bois. C’est le signal qu’un Nelson désœuvré attendait, il leur répond qu’il file s’occuper de celui de la seconde tour.

    Le premier garde, n’entend pas même venir la mort silencieuse et s’effondre sans bruit sous le poignard de Victor. Quant à Nelson, son ascension de la structure de bois se fait beaucoup moins discrète, repéré et pris pour cible, un carreau le blesse salement manquant de le faire chuter. Rendu furieux par la douleur, il prend pied sur la passerelle et ne laisse pas le loisir à son adversaire de dégainer. Mortellement fauché, ce dernier est proprement jeté au bas de la structure.

1359 : 11 Flammerige

    Les aventuriers se regroupent, mais le temps presse. Des cris venant des baraquements, informent les jeunes gens de l’éveil des charpentiers. Soucieux de ne pas les laisser s’organiser le groupe s’avance à leur rencontre. La scène macabre qui se révèle à leurs yeux est proprement insoutenable. Il est clair qu’aucun des gardes n’a pu même esquisser un geste pour tenter de sauver sa pauvre vie. Pris d’un immense dégout, Georges et Tuskan monnaient rapidement le départ des charpentiers et la mise en terre des défunts, pour 60 lions d’or, afin de pouvoir s’extirper de cette vision de cauchemar.

    La communauté goûte quelque repose à l’auberge tandis que Gidéon s’en va prendre conseil auprès de Moktar. À son retour, il convainc ses camarades d’enrayer une ultime menace pour le village, la patrouille extérieure qui risque de rentrer d’une heure à l’autre. Une embuscade est sommairement dressée, les rôles de chacun définis, les aventuriers prennent position.

    L'attente ne dure guère, le soleil est encore à l’est que l’arrivée de deux cavaliers est signalée. A peine se pointent-ils à la hauteur de l’auberge que Gidéon surgissant de sa cachette les envoie dans les bras de Shar à l’aide d’une vapeur colorée. Proprement saucissonnés, les deux compères sont emmenés chez le marchand sembien.... Pour se rendre rapidement compte sous les protestations et injures des intéressés, qu’erreur sur la personne a eu lieu…. Il s’agit en réalité de marchands de Valombre ! Bien que se confondant en excuses, les ravisseurs décident, au grand dam de leurs victimes, de les maintenir en détention, le temps de régler la menace qui doit se rapprocher fortement du village à ce moment.

Un cavalier bien mal tombé...
    Et effectivement le guet signale bientôt que cinq cavaliers se rapprochent. Chacun regagne la position assignée et bientôt le fracas des armes s’élève une nouvelle fois dans la bourgade. Nelson fera face à leur chef, tandis que ses amis s’occuperont de la troupe. La surprise est totale. Un adversaire mord la poussière avant d’avoir compris ce qu’il se passait, un autre trouve son salut dans la fuite, tandis que leur commandant ne pèse que de peu de poids face au vigoureux paysan. Alors qu’un coup dévastateur l’envoie rouler au sol, les deux derniers comparses choisissent de se rendre. Une fouille rapide permet de mettre la main sur 56 lions d’or, puis les prisonniers mis sous séquestre, la troupe décide qu’il est temps de s’en aller prévenir les communautés alentours de l’imminence de la menace. Le débat enfle sur le sort du félon parricide. Tandis que Tuskan souhaite le voir remis aux autorités essembriennes dont il dépend, Victor, notamment, rejette l’idée de peur que des complicités internes, voire des connivences d’ordre social ne le voit échapper à la justice. Nelson souhaite, de son côté, qu’il soit déféré devant les aînés du village. La majorité se ralliant à sa proposition, Tuskan cède à contre-cœur. Chacun s’en va faire son paquetage. Tuskan se promet, dès que la situation se sera calmée, de revenir près de la tombe de la fille-fantôme l’assurer que son bourreau n’est plus et que ses méfaits maintenant connus de tous, justice lui est rendue.                                                              

Crédit : Peaceful kingdom - Ephellem
     Après s’être restaurée, alors qu’Amaunator est au plus haut, la troupe fait ses adieux. Gidéon, Nelson, Georges et le prisonnier Anh prendront la route du sud, alerteront la garnison de Pont de Plumenoire et les fermes en chemin en leur préconisant de se réfugier au Pont. Le village, en effet, bénéficie de solides fortifications et, a priori, devrait être épargné par les raids orques. Kasdanthür, Tuskan et Victor accompagnés de Moktar fileront au nord et, de même avertiront les habitats isolés avant de se séparer de nouveau. Moktar ira prévenir Essembra tandis que les jeunes gens descendront vers Hap, avant de mettre le cap sur leur village.

                                            
 
Dame Kirshoff
    Le soir tombe quand le premier groupe attend Pont de Plumenoire. Les compères décident de prévenir immédiatement la garnison de Valbataille stationnée sur la même rive du fleuve Ashaba. Le commandant les reçoit. Renseignements pris, il fait mettre sa troupe en alerte et, au vu de l’imminence de l’attaque, leur demande de les accompagner chez Dame Kirschoff représentante du Valplume au Conseil des Vaux. Sa demeure est située à quelques encablures de la cité. La nuit s’avance tandis que la compagnie frappe à son huis.  La dame sévère  qui les reçoit a manifestement l’habitude d’être obéie. Informée, elle félicite les jeunes hommes de leurs actions, s’entretient avec le commandant de l’état des forces qu’il pourra opposer et lui demande de faire avertir Chute de Plumes dès l’aube prochaine. Elle ordonne également de bien veiller sur le prisonnier et de le remettre vivant au plus vite aux autorités d’Essembra, seules habilités à juger l’un des siens. Sa perte constituerait un incident fâcheux entre les deux communautés. À cet instant, Nelson jurerait entendre la voix goguenarde de Tuskan lui susurrer à l’oreille : « je te l’avais bien dit! ». La conversation touchant à sa fin, la troupe regagne Plumenoire où le prisonnier est laissé, pour la nuit sous la garde de la soldatesque.